GUINEE: PROJET FEM MANO/ LA SECURISATON DES PARCELLES D’APPRENTISSAGE DE PRODUCTION DE CULTURES ARBORICOLES

Le Projet de Conservation de l’Ecosystème et de Gestion Internationale des Ressources en Eau de l’Union du Fleuve Mano financé par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) est mis en œuvre par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et exécuté par l’Union du Fleuve Mano (UFM). Le projet vise à promouvoir des approches globalisantes de la gestion intégrée des écosystèmes et concevoir des stratégies participatives et communautaires qui conduiront à la conservation in situ et à l’utilisation durable du sol, de l’eau et du biote dans les bassins hydrographiques et sur leurs bassins versants. Quatre pays la Cote d’Ivoire, La Guinée Conakry, le Liberia et la Sierra Leone bénéficient des activités du projet.

En Guinée, le Centre Forestier de N’zérékoré est l’Agence Nationale d’Exécution (ANEx) au nom du Gouvernement Guinéen. Le site d’intervention pour la gestion intégrée des écosystèmes se trouve dans la périphérie des aires protégées de Ziama, Nimba et Diecké.

Pour la gestion intégrée des écosystèmes, le projet entend garantir la restauration de la productivité des systèmes basés sur l’arbre et promouvoir l’utilisation des meilleures pratiques.  Ainsi le projet a identifié et mis en place des parcelles d’apprentissage pour soutenir et renforcer les diverses composantes d’arbres dans les systèmes agricoles existants.

Du processus d’identification des paysans et des parcelles d’apprentissage

  • Le projet a identifié des paysans suivant le processus participatif et inclusif afin de garantir le principe de légalité et de légitimité comme cadre de gouvernance. Avant l’identification des paysans et des parcelles d’apprentissage. Ce processus a démarré en 2018 dans le cadre d’une mission que l’ANEx a organisé du 27 Avril au 07 Mai 2018. L’objectif de cette mission était l’évaluation et à la redynamisation des comités villageois d’aménagement mis en place par le Centre Forestier en 1995 autour de la réserve de Ziama et de la forêt classée de Diecké. Les manquements liés à la représentativité de certains acteurs sociaux comme le genre au sein des comités existants a permis de mettre en place de nouveaux comités consultatifs locaux de Ziama du 28 au 29 Mai 2018, de Nimba du 30 au 31 Mai 2018 et de de Diecké du 1er au 2 Juin 20 Les nouveaux comités mis en place prenaient donc en compte l’aspect genre, dont les femmes représentent 45,73% des membres contre 25% dans les anciens comités.

Dans le cadre de l’évaluation des opportunités de restauration une autre mission a été organisée du 22 au 26 janvier 2020 pour informer et sensibiliser davantage les communautés locales. Cette mission a parcouru huit (08) districts dont quatre (04) à Ziama (Sedimaï, Kpoda, Yézou et Noborotono), deux (02) à Diecké (Dourapa et Gbeleye) et deux (02) au Nimba (Gbaah et Gbènèmou), sélectionnés pour bénéficier des champs d’école.

L’unité de coordination nationale et l’ANEx avec la collaboration du consultant, l’Institut de Recherche Agronomique de la Guinée /Centre Régional de Recherche Agronomique de la Guinée Forestière (IRAG/CRRA-GF) (IRAG) ont tenu une réunion le 7 février 2020, pour faire démarrer les activités d’installation des pépinières et les levées topographiques des parcelles d’apprentissage dans les 08 districts. Il s’en est suivi une formation des 513 agriculteurs dont 277 femmes, aux techniques d’installation des pépinières, le suivi et surtout la création de parcelles d’apprentissage ou de démonstration. Toutes les opérations techniques se sont déroulés pour permettre aux paysans de les reproduire dans leurs propres champs. Les espèces arboricoles et forestières dont chaque communauté a besoin ont été listées et classées par ordre d’importance. Les différentes communautés ont suggéré qu’il leur soit permis d’encadrer les adhésions et s’assurer qu’aucun paysan préalablement identifiés ne soit exclu et garantir que les conditions de vie de tous soient améliorées. La liste des paysans par village a été remise au partenaire chargé de la mise en œuvre de l’activité et aussitôt commencé le choix des sites.

De la sécurisation des parcelles d’apprentissage

Les sages et chefs coutumiers, propriétaires des terres et gardiens des savoir-faire locaux des différents villages concernés ont mis à disposition, de façon délibéré, les domaines pour l’installation des parcelles d’apprentissage. Les échanges avec les parties prenantes ont abouti à la production d’un modèle d’attestation de donation au profit de toutes la communauté. Cette approche a l’avantage d’éviter des conflits d’utilisation des terres, et de revendication dans le futur, particulièrement entre les propriétaires terriens et leurs communautés, dans le cadre de l’utilisation des revenus issus de chaque parcelle d’apprentissage.

A ce jour, les attestions de donation pour les huit (08) parcelles d’apprentissage ont été signées par toutes les autorités administratives, politiques, les chefs coutumiers et les notables. Ces parcelles ont été géo référencées et les cartes seront produites pour les localiser.

Afin de rendre ces attestations légales, l’ANEx et l’IRAG / CRRA-GF ont facilité du 16 Mars au 10 Avril 2020, à la signature des différentes attestations de donation. Cette signature a été précédée d’une campagne de mobilisation et d’engagement des communautés des huit districts : Sédimaï, Yézou, Kpoda and Noborotono (Ziama), Gbèleye and Dourapa (Diecké), Gbaah, Gbènèmou (Nimba).

Les attestations de donation stipulent que « Les produits ou tout autre avantage issu de ce champ sont propriétés de la communauté toute entière, sous la gestion du comité consultatif local légalement installé et reconnu par la communauté concernée ».

Lors de cette campagne de mobilisation communautaire suivi de l’engagement des propriétaires terriens, une démarche explicative a été entreprise de manière à ce que les communautés villageoises y compris les autorités administratives et traditionnelles comprennent la portée de cet engagement pris par les propriétaires terriens. Les communautés ont pu comprendre que les produits ou tous les autres avantages issus de ces champs sont la propriété de la communauté toute entière, sous la gestion des comités consultatifs locaux légalement installés et reconnus par la communauté concernée. Cette approche ne fait que renforcer l’implication des parties prenantes locales dans la gestion de l’écosystème forestier national.

L’une des finalités du projet est que les bénéfices écologiques soient soutenus et que les moyens de subsistance améliorés pour les communautés adjacentes aux forêts, ce qui entraînera une augmentation de la couverture forestière et les avantages connexes tant au niveau local qu’au niveau sous régional.

A la lumière des bénéfices que tirent les communautés à ce niveau d’implication, celles-ci, à travers leurs mandats, dans les différentes localités, ont exprimé leur profonde gratitude pour cette offre qui les rassure et les pousse à plus d’engagement à soutenir les activités du projet de quelques manières que ce soit.   La signature des attestations de donation est un acte qui traduit l’engagement et la participation des communautés à la durabilité du projet FEM dans l’espace de l’UFM, et particulièrement en Guinée forestière.

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