Plan Strategique

 

Mano River Union

Union Du Fleuve Mano

 

 

SECRETARIAT DE L’UNION DU FLEUVE MANO (UFM)

PLAN D’ACTION STRATEGIQUE 2010-2020

 

  

 

Table de Matière  

 

Liste des Figures  ………………………………………………………………………………………………………………………..

Acronymes ………………………………………………………………………………………………………………………………..

Avant Propos ……………………………………………………………………………………………………………………………..  Preface ……………………………………………………………………………………………………………………………………..  Remerciements  …………………………………………………………………………………………………………………………  SECTION 1: INTRODUCTION …………………………………………………………………………………………………………  

1.1 Concernant le Plan ………………………………………………………………………………………………………………..  1.2 L’UFM: Cadre Juridique et Institutionnel ………………………………………………………………………………….  

1.2.1 Historique ………………………………………………………………………………………………………………………….  1.2.2 Buts et Objectifs de l’Union ………………………………………………………………………………………………….  

1.2.3 Les Institutions de l’Union du Fleuve Mano et leurs fonctions ………………………………………………….  

1.3 Le Contexte ………………………………………………………………………………………………………………………….  

1.3.1Défis et Opportunités d’intégration sous-régionale et valeur ajoutée de la MRU ………………………..   

1.3.2 Contexte du développement pour l’UFM : défis et opportunités ……………………………………………..  

1.3.2.1 Défis actuels confrontés par la sous-region …………………………………………………………………………  

1.3.2.2  Opportunités et ressources potentielles existantes dans la sous-région …………………………………  2.SECTION 2 : REVUE DES ANCIENS PROJETS ET PROGRAMMES ……………………………………………………… 

2.1. Revue des activités précédentes…………………………………………………..……… …………

2.2 Anciens Projets/Programmes de l’Union ………………………………………………………………………………………..    

2.3  Période immédiate post conflit/Pré-Plan Stratégique  ………………………………………………………………  2.3 Défis liés à la mise en œuvre des anciens programmes  …………………………………………………………….  SECTION 3: OBJECTIFS PRINCIPAL DU PLAN D’ACTION STRATIGIQUE ……………………………………………….   Stratégies face au défis du développement  …………………………………………………………………………………  3.1 Objectif du Secrétariat de l’Union …………………………………………………………………………………………..  SECTION 4: MISE EN ŒUVRE, SUIVI ET EVALUATION ………………………………………………………………………  

4.1 Dispositions de mise en œuvre ……………………………………………………………………………………………….  

4.3 Principes Directeurs de la mise œuvre du Plan d’Action Strategique …………………………………………..  

4.4 Suivi et Evaluation …………………………………………………………………………………………………………………………..    

SECTION 5 : CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS ……………………………………………………………………….  

5.1.

CONCLUSION……………………………………………………………………………………………..

..

5.2 RECOMMANDATIONS ……………………………………………………………………………………………………………  ANNEXES …………………………………………………………………………………………………………………………………..  

Annexe I: Indicateurs Socio-Economiques des Etats membres de l’UFM …………………………………………..  

Annexe II: Une carte de la sous-région indiquant les triangles de croissance proposés ………………………  Annexe III: Matrice des Projets et Programmes futurs ou en cour au titre des piliers  du Plan    

d’Action…………………………………………………………………………………………………………………………….…………………

Annexe IV:Programme de mise en œuvre du Plan d’Action Stratégique………………………………………………

Annexe IVA: Programme de mise en œuvre du Plan d’Action Stratégique de l’UFM 2010 …………………..  

Annexe IVB: Programme de mise en œuvre du Plan d’Action Stratégique de l’UFM 2011 …………………..

Annexe IVC: Programme de mise en œuvre du Plan d’Action Stratégique de l’UFM 2012 …………………..

Annex V: Analyse des Plans d’Actions Stratégique de l’UFM et de la CEDEAO mai 2011 ……………………..

Bibliographie ……………………………………………………………………………………………………………………………..

Liste des Figures

 

Figure !: Alphabétisation des adultes et l’espérance de vie à la naissance 

dans les pays de l’UFM en   2010 ……………………………………………………………………..…

Figure 2 : Niveau de pauvreté et taux annuels de croissance de PIB 

dans les Etats de l’UFM……………………………………………………………………………………….

Figure 3 : Accès à l’eau potable et à l’hygiène dans les Etats membres de

l’UFM…………………..………………………………………………………………………………………………

Figure 4 : Piliers du Plan Stratégique de

l’UFM…………………………………………………………………………………………………………………..

Figure 5 : Localisation des opportunités d’infrastructures minières sous-

régionales……………………………………………………………………………………………………………

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Acronymes

 

ACBF/FRCA                           Africa Capacity Building Foundation/

Fondation de Renforcement des Capacités Africaines

AfDB/BAD African Development Bank/Banque Africaine de Développement 
AU/UN African Union/Union Africaine
WECARD/CORAF West and central African Council for Agricultural Development/ Conseil

Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricoles

DECLARATION/DECLARATION Declaration of the Mano River Union/Déclaration de l’Union du Fleuve

Mano

DSG/SGA Deputy Secretary Général/Secrétaire Général Adjoint
ECA/CEA                Economic Commission of Africa/ 

Commission Economique pour l’Afrique

ECOWAS/CEDEAO             Economic Community of West African States/ 

Communauté Economique des Etats de  l’Afrique de l’Ouest 

EU/UE European Union/Union Européenne 
FAO/FAO Food and Agriculture Organization of the United Nations/ Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation
GDP/PIB                                Gross Domestic Product/Produit Intérieur Brut
GIMPA /GIMPA                  Ghana Institute of Management and Public Administration/Institut de

Gestion et d’Administration Publique du Ghana

ILO/BIT  International Labour Organization/ Bureau International du Travail
JICA/ACIJ Japan International Cooperation Agency/ 

Agence de Coopération Internationale Japonaise

MRU/UFM Mano River Union/Union du Fleuve Mano
NGO/ONG                            Non Governmental Organization/

 Organisation non-Gouvernementale 

PMU/UGP Project Management Unit/Unité de Gestion du Programme
SG/SG                     Secretary Général/Secrétaire Général 
UMC/CMU Union Ministerial Council/Conseil des Ministres de l’Union
UN/NU  United Nations System/Système des Nations-Unies 
UNDP/PNUD       United Nations Development Programme/

 Programme des Nations Union pour le Développement

UNFPA /FNUAP                  United Nations Fund for Population Activities/ 

Fonds des Nations Unies pour les Activités des Populations

UNIDO /ONUDI                  United Nations Industrial Development Organization/ Organisation des

Nations Unies pour le Développement Industriel

UNOWA/BNUAO               United Nations Office for West Africa/ 

Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest

 

 

USAID/USAID United States Agency for International Development/Agence des Etats-

Unis pour le Développement International  

US/SU  Union Secrétariat/Secrétariat de l’Union
UTC/CTU Union Technical Commissions/Commissions Techniques de  l’Union
WB/BM World Bank/Banque Mondiale 
WFP/PAM World Food Programme/ 

Programme des Nations Union pour le Développement

WHO/OMS World Health Organization/Organisation Mondiale de la Santé 
YEN/REJ Youth Employment Network/Réseau d’Emploi pour les Jeunes 

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE 

 

  1. Déclaration et Protocoles Consolidés de l’Union du Fleuve Mano (UFM)
  2. Documentation sur les Projets/et Programmes de l’UFM
  3. Communiqués des Réunions Statutaires de l’UFM et des Mini-Sommets
  4. Rapports des Réunions des Commissions Techniques de l’Union
  5. Rapport National sur le Développement Humain du Libéria – 2006
  6. Présentations sur la Stratégie de Réduction de la Pauvreté des quatre Etats membres
  7. Rapport (2007) de la CNUCED sur les Pays Les Moins Développés
  8. Situation des Droits de l’Homme en Sierra Leone – 2007
  9. Rapport (2009) du PNUD sur l’élimination des barrières : Circulation des Personnes et le Développement et le Développement Humain
  10. Le Rapport sur l’Etude du Triangle de croissance pour son adaptation à l’UFM par Dr. Kojo Asiedu et sur financement du PNUD/Libéria – 2010
  11. Rapport d’Evaluation du Secteur Stratégique des Mines de l’Afrique de l’Ouest préparé par la Banque Mondiale
  12. Rapports détaillés sur le Power Pool de l’Afrique de l’Ouest
  13. Des booms sur les matières premières en Afrique Sub-saharienne, Rapport du Séminaire IV sur les politiques.
  14. La Situation des Enfants de l’Afrique par UNICEF – 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

AVANT PROPOS

 

Je dois dire, au nom des leaders de l’Union que l’élaboration de ce plan d’action stratégique est un pas dans la bonne direction. Les pays de l’Union, notamment, le Libéria et la Sierra Léone ont connu des années de troubles sociaux avec des conséquences désastreuses. Aujourd’hui, les tristes cicatrices laissées par les guerres sont connues partout telles que la misère et la pauvreté de la majorité. Cette situation est encore plus criarde au niveau des jeunes qui sont non seulement au chômage mais également avec sans savoir-faire pour trouver de l’emploi ou s’engager dans des activités productives. Les économies ont été détruites et ont besoin d’être ressuscitées. Les services sociaux de base sont limités et dans la plupart des cas, très coûteux. Les infrastructures sont très mauvaises et posent de sérieux handicaps à la libre circulation, aux échanges commerciaux et aux communications. L’absence de l’énergie électrique a des effets négatifs sur les investissements et la reprise économique. En outre, le fardeau des dettes réduit les capacités des pays à accéder à l’aide de la Communauté Internationale. 

 

Ce plan décrit le contexte dans lequel se trouvent les Etats membres, les défis redoutables  auxquels ils font face et le cadre dans lequel les problèmes communs peuvent être débattus pour assurer la paix et la stabilité, le développement socio-économique et l’intégration dans l’intérêt  des peuples de l’Union.

 

Bien qu’il ne soit pas possible de relever tous ces défis pendant la période du plan, la poursuite effective des domaines stratégiques choisis pour élaboration  des projets et des programmes fournira une base de développement et d’intégration durables pour contribuer de manière significative à la réduction de la pauvreté et à la réalisation des Objectifs de Développement du Millénaire (ODM).

 

Nous demandons au Secrétariat d’exploiter toutes les possibilités existantes aux niveaux national et international, pour poursuivre de manière efficace et efficiente les objectifs du plan dans l’intérêt et pour le bien-être de nos citoyens.

 

Au nom de mes collègues, je voudrais exprimer mes sincères remerciements au Secrétariat et à tous les partenaires qui ont prêté leur appui à l’élaboration de ce plan. Mon espoir est que le soutien attendu de nos partenaires sera obtenu non seulement dans le cadre de l’élaboration des projets et des programmes mais également dans celui de leur mise en œuvre.

 

Que Dieu guide nos pas et bénisse le fruit de notre labeur.

 

Madame Ellen Johnson SIRLEAF, Présidente de la République du Libéria et Présidente en Exercice d l’UFM

 

 

 

 

 

PREFACE

 

Un plan d’action stratégique constitue une feuille de route des activités  menant à la réalisation des objectifs précis d’une institution ou d’une organisation. 

 

Dans le cas de l’Union du Fleuve Mano, le présent plan revêt une grande importance en raison du contexte post-conflit et des défis confrontés par la sous-région.

 

Entre 1989 et 2003, le Libéria et la Sierra Léone ont connu des conflits civils dévastateurs qui ont laissé derrière eux des systèmes politiques, sociaux et de gouvernance désarticulés, des économies et des infrastructures. La pauvreté qui a toujours été un défi pour ces pays, s’est exacerbée et fortement enracinée. Cette situation a constitué une autre menace à la paix et à la sécurité, quand on sait le degré d’implication de la jeunesse dans les conflits. En Côte d’Ivoire, bien que le conflit n’ait pas été aussi dévastateur que ceux du Libéria et de la Sierra Léone, il a polarisé le pays, en a retardé le développement et a créé des problèmes qui font peser des risques sur la paix et la stabilité de la sous-région. 

 

La Guinée a certes pu canaliser et empêcher l’incursion rebelle mais le pays a eu à faire face à un sérieux afflux de refugiés provenant des trois pays et qui a lourdement pesé sur ses infrastructures sociales déjà existantes, en particulier, au sein  des Communautés hôtes.

 

Le plan ci-après analyse la situation de la sous-région et met en lumière les problèmes critiques de développement à résoudre. Il définit les domaines prioritaires de concentration dont la poursuite est de  nature à créer l’environnement propice à la promotion de la paix, du développement et de l’intégration socio-économique durables.

 

Dans la perspective de la mise en œuvre de ce plan, le Secrétariat Général de l’Union voudrait placer son action sous les signes de l’efficacité et de la visibilité, et se propose avec l’appui des partenaires au développement de jouer un rôle clef dans la poursuite des objectifs de l’Union. 

 

C’est cela son mandat et son ambition.

 

Je vous convie tous à aider à relever les défis qui s’y attachent.

 

Thierno Habib Diallo Secrétaire Général 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

REMERCIEMENTS

 

Au nom du Secrétariat, je voudrais d’abord et avant tout, exprimer ma profonde gratitude et reconnaissance aux Leaders de l’Union pour leur clairvoyance, dévouement et engagement non seulement pour avoir assuré la suivie de l’Union dans les conditions très difficiles mais également pour leurs sages conseils grâce auxquels il nous a été possible d’élaborer ce Plan d’Action Stratégique à moyen et long terme.

 

Aux Ministres directement chargés des affaires de l’Union dans les Etats membres, ainsi qu’à tous ceux qui ont joué des rôles clefs lors des réunions techniques et thématiques dont le but a consisté à orienter les activités de l’Union, nous vous disons sincères remerciements pour votre engagement inébranlable et pour les sacrifices consentis.

 

A nos partenaires surtout ceux qui ont contribué  à l’élaboration de ce   plan, nous  leur adressons nos sincères remerciements et leur exprimons notre gratitude pour avoir cru à notre vision et partagé notre charge. Nous espérons que notre partenariat sera durable et renforcé.

 

A vous, nos Conseillers de maison, professionnels et personnel d’appui du Secrétariat, nous vous adressons nos remerciements et exprimons notre reconnaissance pour votre dévouement au travail pour la cause de l’Union.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SECTION 1 : INTRODUCTION

 

1.1. Concernant le plan

 

e Plan d’Action Stratégique de l’Union du Fleuve Mano a été élaboré à un moment critique de l’histoire du Secrétariat et des Etats membres. Pendant que les pays fondateurs de l’Union (la Sierra Léone et le Libéria) et la Guinée jouissaient d’une stabilité relative, le dernier membre à L adhérer à l’Union (La Côte d’Ivoire) se trouvait dans une situation de troubles. L’Afrique toute entière avait fait du progrès au point de vue croissance économique quoique modeste dans les trois dernières années à la suite des crises globales et financières, des crises alimentaires et de carburant.

 

La croissance économique et le progrès significatif enregistrés en Afrique et surtout dans les Etats membres de l’UFM n’ont pas conduit à une amélioration de la qualité de la vie de la grande majorité des populations de ces pays. Ceci met l’accent sur l’importance d’avoir des politiques économiques solides, des bonnes structures de gouvernance et des bonnes institutions publiques en créant un environnement favorable à une croissance économique capable de réduire, de manière accélérée, la pauvreté.

 

Dans un monde qui vit la globalisation en croissance, travailler en vase clos comme un seul pays engendre  les défis, d’où la justification du premier mandat de l’UFM – la promotion de la coopération sous-régionale par l’intégration économique. Vu les récents développements sur les plans : politique, social, économique et sécuritaire dans la sous-région, des  interventions stratégiques et innovatrices sont nécessaires pour la réalisation de l’intégration économique sous-régionale.

 

Les Etats membres de l’UFM en général sont dotés d’énormes quantités de riches ressources naturelles et des gisements miniers. L’exploitation durable de ces ressources naturelles et minières et en particulier, de la valeur ajoutée vont donner du tonus  au développement économique de la sous-région. Elle créera également des opportunités d’emplois pour les populations de l’Union. Avec un Secrétariat qui a une vision de l’avenir et la capacité  renforcée pour coordonner ces activités, l’espoir est permis pour réaliser une intégration économique sous-régionale effective.

 

C’est pourquoi, le Secrétariat de l’UFM a élaboré ce Plan d’Action Stratégique de 10 ans pour être mis en œuvre en collaboration avec les institutions compétentes et les partenaires des

Etats membres. Le principe cardinal de la mise en œuvre de ce plan est l’adoption du concept[1] des « triangles de croissance/zones de croissance » grâce auxquels toutes les activités liées au développement économique et social, à la paix et à la sécurité sous l’égide du Secrétariat couvriront plus d’un des Etats membres de l’UFM. Sur toutes les activités au sein des zones2  frontalières – zones souvent défavorisées en raison de l’absence de développement et des activités illégales qui sont à la base des conflits – viendront occuper le devant de la scène dans le cadre de la mise en œuvre du plan. Ces zones sont souvent éloignées des « centres du pouvoir » – elles reçoivent moins d’attention mais leur rôle demeure significatif et stratégique dans la promotion de l’intégration économique et le maintien de la paix et de la sécurité au sein de la sous-région.

 

La valeur ajoutée de l’UFM par la mise en œuvre de ce Plan d’Action Stratégique  sera :

 

  1. L’adoption d’une approche sous-régionale visant au maintien de la paix et de la sécurité au sein de la sous-région;

 

  1. La mise en œuvre du concept de triangle de croissance dans les zones de croissance choisies au niveau des zones frontalières des Etats membres ; et

 

  1. Servir d’agence pour la mise en œuvre des programmes retenus par la CEDEAO dans les quatre (4) pays.3

 

Pour atteindre les objectifs de l’intégration économique de l’UFM en vue d’un développement socio-économique et du maintien de la paix et de la sécurité au sein de la sous-région, ce plan fournira la direction et le cadre stratégiques qui orienteront les opérations et les activités de soutien du Secrétariat de l’UFM pendant les 10 prochaines années. Il tirera profit des opportunités émergentes des dividendes de la paix reçues par les Etats membres. La planification stratégique intégrée n’est pas chose nouvelle pour le Secrétariat de l’UFM ; la mise en œuvre des programmes du Secrétariat a souffert des conséquences désastreuses des guerres civiles et des agitations politiques prolongées dans les Etats membres. C’est pourquoi, le plan vise au renforcement des succès enregistrés par le Secrétariat avant l’éclatement des conflits dans la sous-région et les activités stratégiques mises en œuvre ces derniers temps.

 

Ce plan stratégique restera un instrument clef pour les 10 prochaines années en mettant le Secrétariat dans les meilleures conditions de travail, pour définir et contribuer à l’intégration économique de la sous-région. 

 

Le plan aligne les activités du Secrétariat aux stratégies de réduction de la pauvreté des Etats membres avec l’objectif fondamental de réduire cette pauvreté. Il indique au Secrétariat la voie à suivre et les méthodes d’exécution de ses activités en vue de contribuer au maximum à la

                                                                                                                                                                                           

périphérie » et un penchant pour la « périphérie » dans le concept pour accélérer le processus d’intégration économique et de cohésion sociale (Etude de croissance de l’UFM, 2010 pp 17) 

  • Les quatre zones de croissance ont été identifiées et sont reflétées sur la page 17 et une représentation des photos des régions de croissance peut être vue sur la page 38, annexe II.
  • Voir Annexe V pour une analyse comparative des plans stratégiques de la CEDEAO et de l’UFM montrant les zones de synergie et se fondant sur la proposition de faire de l’UFM une agence d’exécution de la CEDEAO.

croissance économique, à l’intégration économique et au maintien de la paix et de la sécurité au sein et entre les Etats membres. Le plan vise également au renforcement de l’efficacité institutionnelle du Secrétariat pour le préparer à jouer le rôle de coordination de l’intégration[2] économique sous-régionale.

 

Le plan a été élaboré sur une période de deux (2) ans. Le projet de plan stratégique a été officiellement admis lors du Sommet tenu le 24 avril, 2010 à Conakry, Guinée. A la suite de cela, le plan a été passé en revue par les représentants des Etats membres, les partenaires au développement, les organisations de la société civile et les membres de la presse, du 1er au 3 novembre 2010, à Monrovia. La réunion de revue  de Monrovia a fait d’importants commentaires et recommandations. Lors de cette réunion de Monrovia, il a été également présenté à la demande du Ministère Libérien des Affaires Etrangères une étude financée par le PNUD – Libéria, portant sur l’exploration des possibilités d’adaptation du concept de « triangle de croissance/zone de croissance » à l’UFM. Des commentaires et recommandations faits à cette occasion sur le projet de plan et les conclusions de l’étude sur le triangle de croissance/région de croissance ont fait l’objet de décision pour être intégrés dans le plan d’action stratégique de l’Union du Fleuve Mano dans sa version finale. Le Bureau régional du PNUD à Dakar, Sénégal a recruté un consultant à cet effet pour appuyer le Secrétariat de l’UFM pour finaliser le plan d’action stratégique et pour élaborer un plan de promotion de la stratégie. Le projet du plan sera ensuite soumis au Conseil des Ministres de l’Union (CMU) pour des dispositions appropriées à prendre.

 

Après l’introduction, le plan stratégique est structuré de la façon suivante :

 

  • Section I : Cette section vient après l’introduction et présente le cadre juridique et institutionnel de l’UFM. Elle comprend l’historique de la formation de l’Union, les buts et ses objectifs, les différentes institutions et leurs fonctions. Elle explique également le rôle et la fonction du Secrétariat de l’UFM. Cette section attire l’attention sur les principaux défis et opportunités pour l’UFM dans le cadre de la réalisation de ses buts et objectifs en particulier, la valeur ajoutée de l’UFM. Ont été également débattus, les défis et les opportunités dans le contexte du développement des Etats membres.

 

  • Section II : Elle passe en revue les dernières activités de l’UFM avec accent sur les importantes initiatives prises dans le passé, y compris les succès et les échecs et présente l’état d’avancement des projets et programmes en cours. Cette revue comprend également les activités de l’UFM dans les domaines des postes et télécommunications, de la foresterie et des douanes, du développement des infrastructures (pont du Fleuve Mano, Air Mano, les routes etc…) et de transport maritime, de la verrerie de l’Union, de la production des pressoirs à huile, des programmes de bourses, de recherche et d’études.

 

  • Section III : Elle décrit les priorités opérationnelles de l’UFM telles qu’indiquées dans le plan d’action stratégique de 10 ans. Cette section présente les piliers stratégiques du plan de 10 ans y compris, les objectifs de chaque pilier et les stratégies à adopter en vue de leur réalisation.

 

  • Section IV : Elle présente la stratégie de mise en œuvre du plan et décrit le cadre du suivi et de l’évaluation du plan. Cette section présente également l’UFM dans ses dix (10) ans d’existence après la mise en œuvre de ce plan.

 

  • Section V : Elle porte sur la conclusion du plan en attirant l’attention sur quelques recommandations clefs devant être mises en œuvre en finalisant le plan d’action stratégique dans les domaines d’actions complémentaires après la finalisation du plan stratégique de 10 ans.

 

  • Annexes : Les annexes du plan stratégique expliquent dans les détails les projets et programmes planifiés et en cours d’exécution ainsi que le plan de mise en œuvre des activités du Secrétariat de l’UFM pour les trois premières années du plan stratégique assorties des coûts détaillés pour la première année du plan.

 

1.2. L’UFM : Cadre Juridique et Institutionnel

 

1.2.1. Historique

 

Sous la direction éclairée de son Excellence Monsieur le Président de la République de Sierra

Léone Dr. Siaka P. Stevens, et de son Excellence Monsieur le Président de la République du Libéria, William R. Tolbert, Jr., l’Union du Fleuve Mano (UFM) a été créée le 3 Octobre 1973 par une Déclaration signée par les deux Présidents à Malema Town, Pujehun District, Sierra Léone. La Déclaration a pris en considération la nécessité de créer les bases solides de l’Union pour assurer la paix durable, l’amitié, la liberté et le progrès social ainsi que pour renforcer la promotion de la croissance économique et la promotion culturelle par la collaboration entre les deux pays au sein d’une Union Douanière.

 

La République Populaire Révolutionnaire de Guinée d’alors a adhéré à l’Union le 25 Octobre 1980 en transformant ainsi l’Union en un instrument de trois (3) pays dans le cadre de la coopération multilatérale pour un développement durable. La République de Côte d’Ivoire qui avait manifesté son intérêt d’adhérer à l’Union et qui avait participé aux réunions de l’organisation en tant qu’observatrice depuis 2004 a, officiellement, adhéré le 15 mai 2008, pour devenir une Union de quatre Etats. 

 

1.2.2. Buts et Objectifs de l’Union

 

Les Buts et Objectifs de l’Union consistent à :

 

  • Assurer l’expansion du commerce par l’élimination de toutes les barrières aux échanges mutuels, par la coopération pour l’expansion du commerce international, par la création

de conditions favorables à une expansion de la capacité mutuelle de production, y compris le développement progressif d’une politique de protection et de coopération pour la création d’une nouvelle capacité de production ;

 

  • Assurer une répartition équitable des avantages de la coopération économique.

 

Pour un départ, la poursuite de ces objectifs consistait à :

 

  • La libéralisation du commerce mutuel de biens d’origine locale par l’élimination des barrières tarifaires et non tarifaires à ce commerce ;
  • L’harmonisation des taux de douanes à l’importation et d’autres incitations fiscales applicables aux biens d’origine locale à fin d’assurer des conditions de commerce équitables et une politique harmonisée de protection des producteurs locaux ;
  • L’adoption de mesures d’appui, selon la nécessité, en développant la coopération dans le domaine de la production agricole et industrielle de biens d’origine locale.

 

1.2.3. Les Institutions de l’Union du Fleuve Mano et leurs fonctions

 

Les Institutions suivantes ont été créées pour réaliser les objectifs de l’Union :

 

  • Le Sommet des Chef d’Etat et de Gouvernement de l’Union qui constitue l’instance suprême de l’Union ;
  • Le Conseil des Ministres de l’Union ;
  • Les Commissions Techniques de l’Union ;
  • Le Secrétariat de l’Union ; et
  • D’autres organisations, organismes, départements et services prévus dans la Déclaration du Fleuve Mano et ses Protocoles tels qu’amendés ou décidés par des Résolutions du Conseil des Ministres de l’Union.

 

Le Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union

 

Le Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union constitue l’instance suprême de l’Union. Le Sommet se réunit quand il le juge nécessaire pour résoudre les questions qui lui sont soumises par le Conseil des Ministres de l’Union.

 

Le Conseil des Ministres de l’Union

 

Le Conseil des Ministres de l’Union comprend les Ministres chargés du Plan, du Développement, de la Coopération Economique, des Finances, de l’éducation, du Commerce, de l’Industrie, de l’Agriculture, des Transports, des Communications, de l’Energie, des Ressources Naturelles et des Travaux Publics des Etats membres.

 

D’autres Ministres des Etats membres peuvent assister aux réunions du Conseil pour débattre des questions qui les concernent, inscrites à l’ordre du jour. Le Conseil des Ministres doit :

 

  • Assurer le fonctionnement normal et le développement de l’Union, conformément aux dispositions de la Déclaration du Fleuve Mano et de ses Protocoles tels qu’amendés ;
  • Donner des directives à toutes les institutions subordonnées de l’Union par le biais du Secrétariat pour assurer un fonctionnement efficace et harmonieux de l’Union ;
  • Faire des recommandations au Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union sur des questions de politiques visant à assurer un fonctionnement et un développement efficace et harmonieux de l’Union ;
  • Etablir des politiques, des procédures, des règles et règlement financiers, régissant les activités financières de l’Union y compris, mais non limitées aux procédures, dépenses et dispositions d’audit budgétaires ;
  • Examiner et approuver le budget annuel de l’Union y compris, mais non limitées aux institutions de recherche et de formation de l’Union et déterminer, à cet effet, les contributions de chaque Etat membre ;
  • Autoriser le Secrétariat ou toute autre institution subordonnée à négocier dans tous les domaines de coopération avec les Etats membres, les pays tiers et les organisations ou institutions internationales en vue de mettre en œuvre des buts et objectifs de l’Union du Fleuve Mano ;
  • Exécuter toutes autres fonctions décidées de temps à autre par le Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement.

 

Le Conseil des Ministres de l’Union est dirigé par un Président assisté de trois Vice-présidents élus à tour de rôle pour que la chance soit donnée à chaque Etat membre d’assumer la direction de l’Union. Le Conseil tient sa Session Ordinaire une fois par an.

 

Des Sessions Extraordinaires sont tenues lorsque c’est nécessaire sur décision du Président, en consultation avec les Vice-présidents et le Secrétaire Général.

 

Les décisions du Conseil des Ministres de l’Union sont prises par consensus pour devenir des résolutions qui seront présentées sous forme de:

 

  • Recommandations au Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union ;  Recommandations aux Etats membres pour des mesures à prendre ;  Directives au Secrétariat et aux autres institutions subordonnées.

 

Les Commissions Techniques de l’Union

 

Il a été proposé de mettre sur pied des commissions techniques avec des responsabilités dans les domaines/secteurs respectifs suivants :

 

  • Le Commerce et l’Industrie
  • L’Agriculture, la Foresterie et la Pêche ;
  • Les Transports et Communications ;
  • L’Education, la Formation et la Recherche ;  Les Finances et l’Administration ;
  • L’Energie et les Ressources Naturelles.

 

Les Commissions se composent des officiels des gouvernements et les professionnels désignés par les Etats membres. Ils examinent les questions liées à leurs domaines respectifs sur leur initiative ou sur instruction du Conseil des Ministres de l’Union ou sur la demande du Secrétaire Général. Les Commissions se réunissent au moins une fois par an et peuvent tenir des réunions extraordinaires lorsque c’est nécessaire sur la base des résultats des consultations techniques ou sur la demande des Etats membres.

 

La signature du Quinzième Protocole sur la Défense, la Sécurité, l’Administration du Territoire et les Affaires Etrangères, le 9 mai 2000, qui a créé le Comité Conjoint de Sécurité exige la mise sur pied d’une Commission sur la Paix et la Sécurité.

 

Le Secrétariat de l’Union du Fleuve Mano

 

Le Secrétariat de l’Union est un instrument technique et administratif à travers lequel l’Union poursuit ses nobles objectifs. En collaboration avec les institutions de l’Union et avec le soutien des bailleurs de fonds et des partenaires au développement, le Secrétariat élabore des plans stratégiques pour l’UFM, assure le suivi de l’élaboration des projets et programmes à l’appui du plan ainsi que leur mise ne œuvre, leur suivi-évaluation et l’élaboration des rapports sur les activités entreprises ; il programme et facilite la tenue des réunions des institutions de l’Union, approuve les projets et programmes à l’appui des objectifs de l’Union, représente l’Union aux différents forums visant au développement politique, social et économique de la sous-région et mobilise, les ressources pour les projets et programmes de l’Union.

 

Le Secrétariat est dirigé par un Secrétaire Général qui est l’Ordonnateur Principal de l’UFM et qui reçoit l’assistance de trois adjoints proposés et nommés par leurs Chefs d’Etat et de Gouvernement respectifs pour un mandat de quatre ans, renouvelable, sur recommandation du Conseil des Ministres de l’Union. Le Secrétaire Général est ressortissant d’un Etat membre autre que celui du siège et les adjoints ressortissants des Etats membres autres que celui du Secrétaire Général. L’un des Adjoints est chargé du contrôle financier et au budget et les deux autres chargés des domaines de programmes de l’Union. Ceci est ainsi fait pour s’assurer que les postes statutaires sont équitablement repartis entre les Etats membres.

 

Au niveau professionnel, des responsables de programmes (un par pays) sont recrutés par le Secrétaire Général sur une base compétitive pour diriger différents domaines de programmes.

Un Responsable des Finances et de l’Administration est recruté pour appuyer le travail du Secrétaire Général Adjoint chargé du budget et du contrôle financier. Le personnel administratif et technique requis est recruté pour appuyer les opérations du Secrétariat. Le processus de recrutement et de nomination visant à pourvoir ces différents postes approuvés par le Sommet de mai 2008 à Monrovia a été achevé en 2009 pour permettre au Secrétariat  de réaliser son mandat avec efficacité.

 

Des Comités ad hoc et des groupes de travail composés des officiels des Gouvernements et des professionnels des Etats membres sont constitués par le Secrétariat Général lorsque c’est nécessaire pour discuter des différentes préoccupations de l’Union. Des officiers de liaison sont délégués par les Etats membres sur la demande du Conseil des Ministres de l’Union au titre des projets et programmes spécifiques pour coopérer  avec le Secrétariat dans l’exécution du mandat qui leur a été donné.

 

Le Secrétariat a créé les Sous-Bureaux dans les Etats membres du Libéria, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire pour appuyer de manière effective le Secrétariat et ces Sous-Bureaux sont gérés par des Coordonnateurs qui sont appuyés par des Assistants administratifs et des chauffeurs, tous recrutés de façon compétitive.    

 

1.3. Le Contexte

 

1.3.1. Défis et Opportunités d’Intégration Sous-Régionale et Valeur Ajoutée de la MRU

 

L’importance et la raison d’être de l’UFM à l’image d’autres organisations régionales requièrent une profonde réflexion et une direction stratégique pour montrer comment elle ajoute la valeur au développement économique de son ressort.  Bien qu’elle ait existé avant l’avènement de la CEDEAO qui a des objectifs similaires, la prédominance de cette dernière en matière d’intégration régionale pendant les dernières décennies est largement remarquable dans la sous-région. Dans ce contexte, cette sous-section décrit la valeur spécifique à ajouter par l’UFM pour assurer l’intégration de la sous-région pour une intégration régionale plus poussée au niveau de l’Afrique de l’Ouest. A part la CEDEAO, d’autres organisations biens connues dans la sous-région et à travers le continent africain travaillant sur des questions similaires d’intégration économique incluent l’Union Africaine, la Banque Africaine de Développement, le Nouveau Partenariat pour le Développement Africain (NEPAD), la commission Economique pour l’Afrique (CEA), le Bureau des Nations-Unies pour l’Afrique de l’Ouest (BNUAO), la Communauté pour le Développement de l’Afrique Australe (SADC) et la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE). Toutes ces organisations offrent différents programmes et appuis à chaque pays afin d’assurer l’intégration économique et de maintenir la paix et la sécurité. Egalement, à l’exception de la CEDEAO couvrant 15 pays, les autres organisations travaillent sur l’intégration économique au niveau de tout le continent – ceci ne garantit pas une attention particulière sur les pays de l’UFM. 

 

Les quatre pays que constitue l’Union sont caractérisés par un créneau spécial. L’histoire, les liens historiques, socio-culturels, économiques, les défis communs de développement et la nécessité de collaboration pour renforcer ces liens et pour relever ces défis, ont inspiré les pères fondateurs de la Sierra Léone et du Libéria pour former l’UFM. L’adhésion de la Guinée et plus tard de la Côte d’Ivoire à l’Union a justifié la raison fondamentale de la création de l’Union. Les guerres civiles et leurs effets dans la sous-région ont sérieusement renforcé la détermination et l’engagement des Etats membres et leur leadership pour la survie de l’Union. L’existence continue de l’Union et les efforts actuels fournis pour la redynamiser en vue de sa contribution plus significative au processus de la reprise de la croissance et du développement des Etats membres démontre clairement la valeur que les Etats membres lui accordent.

 

La création de l’UFM, cette Union qui était sur le point de s’écrouler des suites de la guerre prolongée dans les Etats membres et les efforts actuels pour la revitaliser sont justifiées par la nécessité du maintien de la paix et de la sécurité et de promouvoir le développement économique dans la sous-région. Les considérations ou facteurs suivants mettent en évidence la validité continue de l’UFM :

 

  • La sensibilisation et la réalisation des efforts requis pour un décollage économique, le maintien de la paix et de la sécurité et la vraie promotion d’un développement socioéconomique de la sous-région ne peuvent pas être laissés aux seuls efforts nationaux indépendants.

 

  • La plupart des pays de l’UFM possèdent de façon autonome, de petits marchés qui peuvent générer des bénéfices disproportionnés de la mondialisation qu’on peut comparer au marché commun moyen qui peut être créé en conséquence d’une intégration sous-régionale.

 

  • Egalement, les capacités financières et humaines de chaque pays sont limitées et ont été en grande partie affectées par les guerres qui ont été menées dans la sous-région. Mettre en commun ces ressources humaines et financières des quatre pays, pourra produire de meilleurs résultats.

 

  • En fin,  les opportunités de croissance supplémentaires pourront être offertes grâce au triangle de croissance et à la zone de croissance, à l’exploitation et à la gestion d’une part significative des ressources complémentaires de l’UFM et aux défis de développement transfrontaliers.

 

En résumé, la valeur qui sera ajoutée par l’UFM grâce à la mise en œuvre de ce plan stratégique de 10 ans sera de maintenir la paix et la sécurité dans la sous-région, de mettre en œuvre l’approche du triangle de croissance/zone de croissance et d’agir comme une agence d’exécution de la CEDEAO[3]

 

1.3.2. Contexte du développement pour l’UFM : défis et opportunités

 

1.3.2.1. Défis actuels auxquels est confrontée la sous-région

 

Les défis du développement confrontés par les Etats membres de l’UFM bien que variés selon leur importance et leur portée, se manifestent par des facteurs suivants :

 

  • Sur le plan politique : La centralisation du pouvoir et la mauvaise gouvernance ; la marginalisation de la majorité du peuple et le manque de participation aux affaires nationales, des femmes, des classes défavorisées et de la jeunesse qui sont les plus touchés, le système juridique au désavantage des moins privilégiés et les abus des droits de l’homme.

 

  • Sur le plan économique : Les lois économiques, les politiques, les structures et systèmes inefficaces, des opportunités limitées pour s’auto développer et pour réaliser de progrès significatifs, la main d’œuvre non qualifiée, le chômage, des faibles revenus, la corruption bien établie et le niveau de vie, les systèmes de commerce et les structures peu satisfaisants des pays et au sein de la sous-région.

 

  • Sur le plan social : le mauvais état des infrastructures sanitaires et les systèmes de santé inefficaces au point de vue rendement, les maladies contagieuses et transmissibles qui font beaucoup de victimes parmi les populations ; l’accès à l’éducation et l’éducation au rabais, l’accès limité à l’eau potable pour la majorité des populations.

 

  • Sur le plan des infrastructures : Les infrastructures des transports aérien, maritime et terrestre sont dans un mauvais état et plusieurs régions des pays respectifs sont inaccessibles sans compter les conditions difficiles dans lesquelles on peut voyager d’un pays à un autre, les infrastructures de communications inappropriées et accessibles à une infime minorité.

 

  • Sur le plan énergétique : Les ressources naturelles énergétiques sont considérables mais les possibilités pour les populations d’avoir accès à l’énergie à de coûts abordables sont encore des défis sérieux pour la sous-région.

 

  • Sur le plan de la sécurité : Les guerres menées dans la sous-région ont eu des effets négatifs sur la paix et la sécurité. La sécurité dans la sous-région est peu sûre et la paix est fragile. La restauration et le maintien de la paix s’avèrent indispensables.

 

  • Sur le plan du fardeau des dettes : Ces pays sont confrontés par des fardeaux des dettes insupportables qui sont contreproductifs pour la réalisation des objectifs[4] du développement aux niveaux national et sous-régional.

 

Les guerres civiles ont été longuement menées  dans la sous-région et ont dévasté tous les secteurs de l’économie du Libéria et de la Sierra Léone avec des conséquences néfastes   pour la Guinée et la Côte d’Ivoire. A la pauvreté envahissante se sont ajoutés l’alphabétisme et l’ignorance. En outre, la mortalité maternelle et infantile s’est accentuée de manière dramatique du fait de la destruction et du manque d’installations et de services sociaux requis. L’environnement de la sécurité fragile a eu des conséquences négatives sur les investissements directs étrangers en entravant le rythme de la reprise économique, de la réhabilitation et du développement. L’éducation, la santé maternelle et de l’enfance en particulier ont bénéficié d’investissements considérables dans les années passées grâce aux efforts des pays à réaliser les Objectifs du Développement du Millénaire. Les statistiques récentes commencent à montrer des améliorations de ces indicateurs. Egalement, la situation des investissements, spécialement dans les secteurs miniers des Etats membres commence à s’améliorer.

 

Pendant  ces années de guerres, les jeunes ont été particulièrement défavorisés. Ils ont été spécialement utilisés non seulement comme instruments de guerre mais ont été également privés de l’éducation et du savoir-faire pour avoir de l’emploi. En considération du fait que ces jeunes sont maintenant adultes et pères de famille, ne pas leur trouver des opportunités d’emplois, constitue le meilleur moyen  de tomber encore dans l’anarchie dans la sous-région. Un autre effet des guerres demeure la criminalité accrue telle que manifestée par la prolifération et le commerce des armes légères, de la drogue et le trafic d’enfants,  la violence sexuelle et la violence contre le genre. Selon les Nations-Unies, l’impact absolu est que les Etats membres de la sous-région, à l’exception de la Côte d’Ivoire, sont actuellement les moins développés et sont par conséquent classés parmi les pays à faible développement humain.

 

Les figures[5] ci-dessous établies donnent des indicateurs sur les paramètres qui démontrent les défis de développement confrontés par la sous-région et soulignent également la nature et les niveaux de pauvreté caractérisant les Etat membres.

 

 

Figure 1: Alphabétisation des Adultes et espérance de vie à la naissance dans les Etats de l’UFM en 2010  

 

Figure 2: Niveaux de pauvreté et taux annuels de croissance du PIB dans les Etats de l’UFM en 2009

 

  

 Figure 3: Accès à l’eau potable et à l’hygiène dans les Etats membres de l’UFM

 

La sous-région est confortée à des défis liés à la restauration de la gouvernance démocratique, à la restauration et au maintien de la paix et de la sécurité, à la promotion du développement socio-économique en vue de réduire la pauvreté et de réaliser les Objectifs du Développement du Millénaire (ODM). L’augmentation dans le monde des prix des denrées alimentaires en 2008 ainsi que ceux du pétrole brut, a également réduit les capacités financières des pays importateurs de ces produits de base indispensables pour la réalisation effective de leurs aspirations pour le développement.

 

1.3.2.2. Opportunités et ressources potentielles existantes dans la sous-région 

 

Même en face des défis majeurs  ci-dessus mentionnés, la sous-région dispose d’énormes ressources naturelles qui, si elles sont convenablement exploitées, pourront conduire à un développement socio-économique souhaité qui contribuerait à la création du bien-être et à l’amélioration des conditions de vie des citoyens de manière durable. Ces opportunités majeures sont les suivantes :

 

  • La sous-région a une population de 40 millions composée de jeunes et d’enfants qui représentent les 50/60 pourcent de la population. Compte tenu du fait qu’ils sont appelés à être les futurs dirigeants de leurs pays, avec beaucoup d’opportunités en face, ils ont la capacité d’opérer des chargements positifs au sein de leurs communautés et de la société dans son ensemble. La promotion d’une jeunesse d’avenir est indispensable pour opérer un tel changement.

 

  • La sous-région est bénie en étant dotée de ressources naturelles considérables dont les ressources minières composées de fer, de diamants, de l’or et de bauxites ; des réserves de pétrole non exploitées ; des forêts ayant la biodiversité de valeur nationale et internationale, des ressources en eau abondantes ayant un potentiel énergétique élevé qui servira de support pour le développement des secteurs dont les sources serviront également de base pour les rivières desservant la région de l’Afrique de l’Ouest et de superficies inestimables de terres cultivables. Ces ressources naturelles traversent les frontières  naturelles pour se trouver entre deux ou trois pays de la sousrégion. Ces richesses naturelles font de la sous-région une terre fertile  et d’attraction des investissements financiers directs avec l’avènement de la bonne gouvernance fondée sur les lois et des procédures pouvant attirer ces investissements.

 

  • Les liens solides entre les Etats membres sur le plan culturel, tribal/ethnique, traditionnel et économique sont antérieurs à leur existence caractérisant les nations et les Etats qu’il faut formaliser et renforcer pour une contribution plus significative au développement global de la sous-région. Ces liens sont également d’un grand soutien pour l’intégration à tous les niveaux.

 

  • La nature, l’étendue et l’impact des guerres civiles dans la sous-région démontrent clairement que la sécurité ne peut pas être considérée comme un problème qui doit être abordé au niveau national seulement. Elle est devenue plutôt une question sousrégionale et devra être traitée dans ce cadre. L’accession de la Côte d’Ivoire à l’Union a été essentiellement possible grâce aux considérations sécuritaires.

 

SECTION 2 : REVUE DES ANCIENS PROJETS ET PROGRAMMES 

   

2.1. Revue des Activités Précédentes 

 

e la création de l’UFM avec son outil de mise en œuvre qui est le Secrétariat jusqu’à l’éclatement des guerres à la fin des années 80 et au début des années 90 dans les pays fondateurs de l’Union, les programmes ont porté sur la promotion de la manufacture, des D transports, de l’agriculture, des douanes, de la recherche et des bourses d’études. Les plus remarquables parmi eux, étaient la verrerie  de l’Union, les travaux préliminaires sur Air Mano pour faciliter le transport aérien entre les Etats membres, la construction des routes, la construction du pont sur le Fleuve Mano, la fabrication des pressoirs  à l’huile de palme, l’octroi des bourses aux étudiants et la conduite de nouvelles recherches et des études.

  

2.2. Anciens Projets/Programmes  de l’Union

 

Dans le cadre de la réalisation des objectifs de l’Union, le Secrétariat a entrepris la conception et la mise en œuvre des programmes dans les domaines des Postes et Télécommunications, de la Foresterie, des douanes et  dans le domaine maritime. Des institutions avaient été créées pour ces domaines pour assurer le renforcement des capacités dans les secteurs respectifs. Ces institutions ont posé les bases pour une harmonisation des programmes et des politiques et facilité les communications et les échanges commerciaux  et donné également la voie à suivre pour l’exploitation et l’utilisation durables des ressources naturelles.

 

L’Union a également octroyé des bourses aux nationaux pour étudier dans les universités des Etats membres en vue du renforcement des capacités du secteur public en particulier. Ceci a permis de rendre ce secteur plus performant dans les Etats  membres. En outre, le pont sur le Fleuve Mano reliant le Libéria et la Sierra Léone a été construit et inauguré en 1976.

 

L’Union a également entrepris d’autres importantes initiatives telles que la création des industries dont la verrerie de l’Union pour la production des bouteilles au profit des Etats membres pour exploiter pleinement le potentiel des ressources naturelles des Etats membres.. Elle a engagé des travaux préparatoires pour la création de la compagnie aérienne (Air Mano) et des liaisons maritimes pour faciliter les déplacements entre les Etats membres et dans la sous-région de l’Afrique de l’Ouest ; elle a également entrepris la production des pressoirs à l’huile de palme pour accroître la production et le traitement de l’huile de palme, construit des routes pour faciliter la circulation des personnes et les échanges commerciaux dans le cadre du projet routier Transafricain et conduit des études pour assurer de manière durable la fourniture de l’électricité aux Etats membres.

 

Malheureusement, tous ces programmes et projets de même que ces nouvelles initiatives ont été soit interrompus ou affectés de manière significative par les guerres civiles. L’un des programmes de l’UFM qui a le plus réussi était la verrerie de l’Union qui n’est plus opérationnelle. Fin a été mise à tous les programmes de bourses, et dans la phase post-conflit des pays de l’UFM ; seuls quelques programmes liés aux domaines du VIH/SIDA ou de la gestion forestière sont en cours d’exécution par le Secrétariat. C’est pourquoi la revitalisation de l’UFM et de son Secrétariat par la mise en œuvre de ce plan s’avère être un pas dans la vraie direction.

 

2.3. Période immédiate post conflit/Pré-Plan Stratégique   

 

Développement Social 

 

C’est compte tenu de la situation sanitaire difficile et surtout avec la propagation du VIH/SIDA dans les zones frontalières  qu’un programme de 25 millions de dollars américains sur cette endémie, le VIH/SIDA/IST a été élaboré en 2004 pour être mis en œuvre dans les zones frontalières. Ce programme concerne neuf sites et a été soumis pour financement au titre de Fonds Global. Ce financement n’ayant pas été obtenu, la BAD a accordé un fonds initial de 5 millions de dollars américains pour exécuter une phase pilote pour une période de trois ans. Les principaux volets de ce programme étaient les suivants :

 

  • Le renforcement de la prévention, du contrôle et du traitement du VIH/SIDA/IST ; o La promotion de la coordination multisectorielle et sous-régionale des activités au titre du VIH/SIDA/IST ;
  • La gestion du projet.

 

Les objectifs du programme étaient :

 

  • D’aider la sous-région à réaliser l’objectif six des Objectifs du Développement du Millénaire (ODM) à savoir arrêter et commencer à renverser la tendance de la propagation des VIH/SIDA ; et
  • D’empêcher en particulier la propagation des nouvelles infections du VIH/SIDA/IST au niveau des refugiés et des populations déplacées à l’intérieur des pays et de leurs communautés hôtes.

 

Les résultats obtenus qui se trouvent consignés dans le rapport final du programme et l’étude d’impact réalisés ont été évalués par la BAD pour être considérés comme l’un des  rares exemples de succès dans la  sous-région. Les communautés bénéficiaires ont souhaité que ce programme de soutien soit poursuivi et que sa couverture soit élargie à d’autres. Pendant cette période du plan, ce soutien sera obtenu en vue de l’élaboration et de la mise en œuvre de la seconde phase du programme.

 

Il a été également mis sur pied un programme économique pour résoudre le problème de chômage des jeunes dans la sous-région prenant en considération les effets de la guerre sur les économies des Etats membres, et la menace potentielle de ces jeunes pour la paix et la sécurité surtout quand on sait le degré de leur participation dans ces guerres.

 

Le groupe cible comprend :

 

  • Les jeunes marginalisés et pauvres des zones rurales et urbaines ;
  • Les jeunes qui voudraient s’impliquer dans les affaires ou devenir employés ou améliorer la productivité de la communauté ;
  • Les jeunes qui sont déjà engagés dans les affaires et qui voudraient les promouvoir d’avantage.

Les  objectifs immédiats du programme sont les suivants :

 

  • Soutenir l’engagement du groupe cible dans les travaux productifs et décents dans les zones rurales et urbaines ;
  • Créer des opportunités de travaux productifs et décents et de productivité communautaire ;
  • Améliorer ou accroître les services rendus par les institutions impliquées dans la création des emplois pour les jeunes ; et
  • Augmenter le nombre d’emplois pour les jeunes dans les domaines où la demande est élevée au niveau du secteur privé.

 

Le programme a démarré en 2009 grâce à une assistance initiale du gouvernement Japonais. Pendant cette période, les ressources seront mobilisées et les partenariats requis seront établis pour appuyer la mise en œuvre complète des activités.

 

L’UFM poursuivra la mise en œuvre d’un programme avec  l’appui de la BAD dans le cadre de la protection des paysages écologiques importants. Ce programme comporte trois volets : – la protection de la biodiversité ; les opportunités de moyens de subsistance pour les communautés vivant dans ces zones et dans les alentours et l’appui au renforcement des capacités au niveau national, au niveau du Secrétariat  de l’UFM et au niveau de la gestion du programme en général.

 

Renforcement des Capacités 

 

Le projet de formation financé par la Fondation pour le Renforcement des Capacités en Afrique (FRCA) vise les objectifs suivants :

 

  • Former des hauts fonctionnaires et les décideurs politiques (600 personnes pour la durée du projet). Les cours seront en général dispensés dans les Etats membres  par des experts nationaux et internationaux et dans des institutions choisies dans la sousrégion ;
  • Doter ces hauts fonctionnaires de compétences opérationnelles, de gestion et de leadership nécessaires à la promotion et à la conduite du changement ; et
  • Appuyer le renforcement des capacités de formation au niveau local et le développement des stratégies en donnant une formation complète et polyvalente (programme et matériels d’études).

 

 Le second programme porte sur le renforcement des capacités en matière de négociations et de règlementations des contrats d’investissements et d’échanges commerciaux pour maximiser les avantages tirés de l’exploitation des très riches ressources naturelles considérables. Les résultats attendus de ce projet sont les suivants :

 

  • Les contrats d’investissements négociés à l’étranger et sur place à des conditions et modalités les plus favorables pour les pays hôtes ;
  • Les réseaux sous-régionaux et régionaux fonctionnels en appui aux pays impliqués dans les négociations liées aux investissements et à l’exploitation des ressources naturelles ;
  • La gestion responsable et durable des ressources naturelles et des revenus provenant de leur exploitation pour appuyer particulièrement les programmes et politiques conçus pour les pauvres ; et
  • La mise sur pied d’un système très fonctionnel de gestion des connaissances.

 

Ce projet est géré par le Bureau Sous-Régional du PNUD de Dakar et est exécuté sur demande – il est demandé aux Etats membres de formellement soumettre leurs demandes d’assistance au projet. Le Libéria et la Sierra Léone bénéficient actuellement de ce soutien accordé au titre de ce projet. Le Secrétariat de l’UFM va sensibiliser et faciliter le processus à engager par la Guinée et la Côte d’Ivoire pour obtenir également le soutien nécessaire de ce projet.

 

2.3. Défis liés à la mise en œuvre des anciens programmes

 

La mise en œuvre des anciens programmes n’a pas été conduite sans défis majeurs qui ont besoin d’être relevés si nous voulons que le plan d’action stratégique actuel soit réalisé avec succès. Les défis de ressources humaines et d’équipement tout comme les défis de ressources financières occupent la place la plus significative dans ces programmes.

 

Le Secrétariat de l’Union du Fleuve Mano est confronté à des sérieux défis. Tous les anciens projets et programmes de l’Union ont été soit détruits ou complètement vandalisés pendant les années de guerre. En outre, les locaux du Secrétariat de l’Union ont été non seulement vandalisés mais ont également perdu toutes les capacités techniques, humaines, logistiques et administratives requises pour son fonctionnement normal. Ces défis en matière de renforcement des capacités ont besoin d’être relevés si la mission du Secrétariat de « planifier, de concevoir et d’assurer la mise en œuvre des projets et des programmes dans le cadre de l’amélioration du bien-être et du relèvement du niveau de vie des peuples de la sous-région » doit se réaliser.

 

SECTION 3 : DOMAINE DE CONCENTRATION DU PLAN D’ACTION                        STRATEGIQUE

 

Stratégie face aux défis du développement 

 

n considération des défis du développement discutés dans la sous-section 1.3.2., les gouvernements de la sous-région, dans le cadre de leurs programmes respectifs de développement ou de Programmes de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (PSRP), E envisagent de relever ces défis de développement du point de vue de la pauvreté par la réalisation des objectifs stratégiques suivants :

 

  • Consolider, améliorer et soutenir la croissance économique ;
  • Créer les conditions d’accès et assurer l’accès des pauvres et des classes défavorisées de la société aux opportunités de développement et de progrès ;
  • Améliorer la gouvernance et renforcer la capacité institutionnelle et humaine à tous les niveaux ;
  • Développer et fournir des services sociaux adéquats et peu coûteux ;
  • Construire des infrastructures et des sources d’énergie requises pour soutenir efficacement le développement et le bien-être des habitants ; et o Consolider et maintenir la paix et la sécurité dans la sous-région.

 

 

3.1. Domaine de Concentration du Secrétariat de l’UFM

 

Le Secrétariat de l’Union qui est l’institution à travers laquelle l’UFM est mandatée à exécuter ses fonctions, poursuivra les objectifs ci-dessus mentionnés par l’approche du triangle de croissance portant sur des questions/préoccupations communes qui sapent les bases de la paix et du développement socio-économique avec le mandat et programmes de grande portée de la CEDEAO. Le Secrétariat concentrera spécialement ses efforts sur les zones géographiques stratégiques au sein de l’UFM qui généreront des bénéfices au profit des Etats membres et des populations se trouvant dans ces zones souvent oubliées. Spécifiquement, ce plan stratégique sera axé sur les zones[6] de croissance qui couvriront tous les quatre Etats membres de l’UFM :

  • La zone de croissance, Côte d’Ivoire-Libéria couvrant le Sud-est du Libéria et de Sudouest de la Côte d’Ivoire ;
  • Libéria-Côte d’Ivoire – La Guinée Forestière Orientale ;
  • La Sierra Léone Orientale – le Nord-ouest du Libéria – l’Ouest de la Guinée Forestière ; Le Sud-est de la Sierra Léone – le Sud-ouest du Libéria – la ligne Côtière.

 

Le concept de triangle de croissance/zone de croissance est également connu comme des zones économiques sous-régionales et des territoires économiques naturels. Ce sont des sociétés coopératives qui regroupent trois pays ou plus. Chaque pays a des facteurs différents en termes de travail, de terres, de capital et d’entrepreneuriat qui, dans l’ensemble sont économiquement complémentaires, créant ainsi des avantages mutuels dans le commerce extérieur et l’investissement. En réduisant l’inégalité ou la disparité[7] de développement, le concept aligne l’équipement, la technologie et les ressources humaines des régions plus développées dotées des terres, des ressources naturelles et de la main d’œuvre des zones[8] les moins développées. Les zones de croissance sélectionnées présentent leur  potentiel en s’attaquant aux questions clefs de coopération effective entre les Etats membres de l’UFM spécialement dans les domaines de l’agriculture, de l’énergie, du commerce transfrontalier, de la pêche, de la gestion de la sécurité frontalière, de la gestion des ressources naturelles  et de l’exploitation minière, de la gestion des écosystèmes,  du tourisme et des infrastructures liées aux échanges commerciaux (transports).

 

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Le Secrétariat de l’UFM a été mandaté[9] de porter sur la carte la ligne de conduite souhaitée pour relever les défis auxquels la sous-région est confrontée dans le cadre des quatre principaux piliers/domaines de concentration pour que finalement la vision de l’Union « d’assurer la création d’une sous-région paisible, stable et prospère » soit réalisée. Ces quatre piliers de programmes sont :

 

  • La revitalisation et la restructuration institutionnelles ;
  • La paix et la sécurité ;
  • Le développement économique et l’intégration régionale ; et  Le développement social.

 

Ce plan d’action stratégique présente une feuille de route souhaitée devant relever les défis confrontés par l’Union grâce aux projets et programmes qui vont être élaborés et mis en œuvre dans les quatre zones de croissance à travers un de ces piliers ou plus.

 

 

 

 

 

 

Figure 4: Piliers du Plan Stratégique de l’UFM

 

 

PILIER I : REVITALISATION ET RESTRUCTURATION INSTITUTIONNELLE

 

Historique

 

Les capacités du Secrétariat et du secteur public des Etats membres de l’Union avaient besoin d’être fortement renforcées avant l’éclatement des guerres civiles. Malheureusement, ces guerres ont empêché la mise en œuvre des plans dont l’objectif était de renforcer ces capacités. Elles  ont détruit les capacités qui existaient au Secrétariat et dans les Etats membres du Libéria et de la Sierra Léone.

 

Le fonctionnement normal du Secrétariat, des institutions et des agences gouvernementales des Etats membres souffre par conséquent du manque de professionnels techniques et qualifiés, d’un environnement malsain et défavorable de travail ; du manque d’appui logistique requis et de système d’encouragement pour une productivité accrue.

 

Objectifs

 

  1. Restaurer et renforcer les capacités du Secrétariat pour exécuter de manière efficace le mandat qui lui a été donné ;
  2. Renforcer le Secrétariat de l’UFM avec une main d’œuvre capable de mettre en œuvre le plan d’action stratégique ;
  3. Passer en revue les anciens programmes et projets de l’Union en vue de déterminer leur importance compte tenu des nouvelles réalités et des défis auxquels les Etats membres font face.

 

Stratégie et programmes 

 

Pour relever les défis et réaliser les objectifs ci-dessus mentionnés et le but principal d’une institution revitalisée et restructurée, ce pilier se consacrera à restauration de la capacité physique, logistique, technique/humaine et administrative du Secrétariat. Ainsi, les Etats membres restaureront le leadership par la nomination des Exécutifs ; l’assistance sera obtenue pour réhabiliter et équiper les locaux du Secrétariat pour en fin créer un environnement de travail vivable ; les professionnels/technocrates seront nommés et recrutés sur une base compétitive ; et faciliter la mise en œuvre des activités.

 

Une analyse du plan d’action stratégique sera entreprise pour déterminer sa correspondance au mandat élargi de l’UFM pour déterminer les défis actuels confrontés par les Etats membres de l’Union du Fleuve Mano.

 

Une revue et si possible des études seront faites pour déterminer la situation et l’importance des anciens projets et programmes de l’Union et de ceux en cours d’exécution en vue de s’assurer de leur pertinence en face des défis à relever par la sous-région.

 

Enfin, le Secrétariat veillera à la mise en œuvre effective de deux programmes visant à renforcer les capacités du secteur public dans la formulation de politiques, l’analyse et la gestion pour appuyer les réformes qui s’opèrent actuellement au sein du secteur public et particulièrement en Sierra Léone et au Libéria qui en ont grandement besoin après les guerres civiles douloureuses.

 

Pilier II. Paix et Sécurité 

 

Historique

 

La paix et la sécurité dont à joui la sous-région  après les indépendances n’ont duré que jusqu’à la fin des années 1970 et au début  des années 1980. L’instabilité, par la suite, était essentiellement  dûe à la nature et au caractère des systèmes  de gouvernance et aux régimes  en place dans les Etats membres. Il s’ensuit que les pouvoirs excessifs exercés par les leaders supprimaient toute opposition qui défiait ces pouvoirs. Ainsi, tandis que  la minorité s’enrichissait de plus en plus, la majorité vivait dans la pauvreté et dans la dépravation. La marginalisation, le refus quant à la participation de la majorité dans les affaires nationales, le manque d’opportunités d’amélioration de ses propres conditions de vie et la situation déplorable du développement national ont conduit dans une large mesure à instaurer la pauvreté et à créer le  mécontentement. La mauvaise gouvernance  avec son cortège de vices a privé la majorité de jouir d’un niveau de vie acceptable dans la sous-région et a conduit à des coups d’états et à des contrecoups et plus tard à des guerres civiles dévastatrices sous l’apparence des révolutions patriotiques avec l’objectif de changer le statu quo dans l’intérêt de la majorité. Toutefois ces guerres, au lieu de résoudre les problèmes ont au contraire détruit les systèmes et les structures de gouvernance ainsi que les systèmes économiques, sociaux et infrastructurels. Ces guerres ont également créé l’insécurité et la peur rendant ainsi la sousrégion peu sûre pour les investissements et des activités économiques et sociales. Les jeunes se sont dépravés de plus, caractérisés par un chômage massif et un emploi artificiel. Cette situation constitue des menaces pour la paix, la sécurité et la stabilité fragiles, la reprise économique, la construction et le développement national ou sous-régional.

 

L’intensification des guerres civiles dans les Etats membres de la sous-région démontre bien leur interdépendance dans toutes les sphères de la vie. En conséquence, l’insécurité dans un pays constitue des menaces pour les pays voisins en considération du fait que les frontières sont vastes et impraticables à plusieurs endroits, poreuses et sans infrastructures convenables. Egalement, au niveau des postes frontaliers de contrôle il y a un manque du personnel formé et d’équipement requis pour le suivi et le contrôle de la circulation des personnes et leurs biens ainsi que la fourniture des services. C’est pourquoi, il faut noter que la sécurité n’est pas seulement menacée, mais le commerce des armes et de la drogue, le trafic d’hommes et le terrorisme constituent de sérieux défis pour la paix et la sécurité durables dans la sous-région. Compte tenu du contexte sécuritaire actuel, la poursuite de la paix au niveau d’un seul pays est insoutenable. La meilleure approche  demeure la collaboration entre les pays de la sous-région et la formulation et l’adoption d’une stratégie commune de paix, de sécurité et de stabilité durables. 

 

Le retour graduel de la gouvernance démocratique dans les Etats membres de l’Union est indispensable bien qu’il ne soit pas sans violence  à cause des raisons de structures, de systèmes, de processus et d’organisation générale des élections. Mais la nécessité du progrès, même s’il est lent, est indispensable.

 

Objectifs :

 

  1. Développer et rendre opérationnelle l’architecture d’une paix et d’une sécurité de l’Union dans le cadre du 15ème Protocole à la Déclaration de l’UFM sur la coopération dans les domaines de la Défense, de la Sécurité, de l’Administration du Territoire et des Affaires Etrangères.
  2. Améliorer la sécurité transfrontalière de la sous-région pour garantir la sécurité humaine et matérielle.
  3. Concevoir et mettre sur pied des mécanismes pour assurer l’organisation d’élections crédibles et acceptables dans les Etats membres pour entretenir une culture et des transitions démocratiques.

 

Stratégie et programmes  

 

Pour s’attaquer aux défis ci-dessus mentionnés dans le contexte sous-régional et réaliser  les objectifs du Pilier II, l’UFM concentra ses efforts sur trois principaux domaines :

 

  1. Le développement d’une architecture sécuritaire de la sous-région ;
  2. L’élaboration et la mise en œuvre d’un programme de gestion des frontières ;
  • La création d’un cadre sous-régional pour soutenir et garantir les transitions paisibles et démocratiques.

 

Dans l’ensemble, toutes les informations et directives liées à ce travail viendront des lois et règlements nationaux sur les élections, des Protocoles de  l’UA et de la CEDEAO et d’autres conventions relatives à la gouvernance démocratique ayant pour centre d’intérêt les élections.

 

Ces activités seront particulièrement menées dans le cadre du 15ème Protocoles à la Déclaration de l’UFM sur la coopération dans les domaines de la Défense, de la Sécurité, de l’Administration du Territoire et des Affaires Etrangères. Ce Protocole prévoit, entre autres, la mise en place des structures, des systèmes et des mécanismes pour faciliter la  collecte des informations et l’analyse des questions  sécuritaires ; la transmission des informations sécuritaires appropriées aux acteurs en vue d’une compréhension et l’appréciation communes des développements sur le plan sécuritaire ; les contrôles frontaliers, la tenue des réunions appropriées pour comprendre et débattre des questions et des préoccupations d’ordre sécuritaire, et la création d’une atmosphère de restauration de la confiance au sien et entre les Communautés surtout le long des frontières. En somme, le Protocole a pour but de faire de la sécurité nationale et sousrégionale une affaire et une responsabilité de tous les citoyens afin de prévenir les conflits et de maintenir la paix.

 

 

 

 

Pilier III : Développement Economique et Intégration Régionale 

 

Historique 

 

En considération des ressources considérables que recèle la sous-région, il existe de très grandes possibilités de collaboration dans les domaines du développement et de  l’intégration économiques. En outre, ce pilier est le plus indiqué non seulement pour réduire la pauvreté et contribuer grandement à la réalisation des Objectifs du Développement du Millénaire (ODM), mais également pour améliorer le bien-être et le niveau de vie des populations.

 

Ce pilier traitera par conséquent des questions de sécurité alimentaire en tenant compte de la crise alimentaire globale et son impact sur la sous-région, de la gestion des forêts transfrontalières et des bassins d’eau, de la promotion des échanges commerciaux et du développement industriel, de l’exploitation et de la gestion durables des ressources minières et du développement de l’énergie électrique, des infrastructures de transport et des télécommunications pour promouvoir de manière significative la croissance et le développement économiques. Pour la plupart de ces programmes, une approche sousrégionale sera adoptée sous l’impulsion du concept de triangle de croissance/zone de croissance. 

 

Il est prévu ci-dessous un bref résumé sur chacun des sous-secteurs de ce pilier.

 

Sécurité Alimentaire

 

60 à 70 pour cent de la population de la sous-région dépendent de l’agriculture pour assurer leur nourriture et survie. Les produits vivriers et d’exportation, les tubercules et la culture maraîchère constituent les activités principales des collectivités rurales. Les contraintes technologiques de production, d’infrastructures et de commercialisation entravent sérieusement la productivité dans ce secteur. Ce qui fait que la sous-région vit actuellement une insécurité alimentaire. Ainsi, la crise alimentaire de 2008 a  provoqué des émeutes dans beaucoup de pays entraînant ainsi des effets négatifs sur la vie sociale, politique et économique des populations. Il a été estimé à 800 millions de dollars américains les frais encourus  par la sous-région juste au titre de l’importation de riz par an pour satisfaire la démanche annuelle de consommation.  L’adoption d’une stratégie[10] pour résoudre  cette situation alimentaire de manière  durable recommande qu’une approche à moyen et long terme soit définie pour arrêter cette crise et faire du riz non seulement un produit commercial mais également un instrument de réduction de la pauvreté dans la sous-région. 

 

Gestion des Forêts Transfrontalières 

 

L’écosystème forestier de la Haute Guinée est le troisième des plus grands paysages forestiers naturels du monde. La faune et la flore   de ces zones sont menacées par les activités  humaines pour la survie et par l’exploitation des ressources minières se trouvant dans ces paysages forestiers par les gouvernements. Elles sont actuellement considérées comme des points chauds de la biodiversité et la nécessité   de protéger et de préserver la faune et la flore endémiques constitue,  à présent, une préoccupation mondiale. Les Etats membres de l’UFM, dans l’ensemble, possèdent actuellement la plus grande portion de l’écosystème forestier restant de la Haute Guinée et la protection de ce paysage peut être bénéfique non seulement pour l’UFM mais pour le monde entier.

 

Gestion des basins d’eau transfrontaliers 

 

Les ressources en eau de la sous-région sont considérables mais elles sont sous-développées, sous-utilisées et très mal gérées. La sous-région est bénie par l’existence des ressources en eau abondantes pouvant produire des grandes quantités d’énergie hydro-électrique et appuyer la production agricole. En particulier, le Bassin du Fleuve Mano est partagé par les trois des quatre Etats de l’Union – La Guinée, le Libéria et la Sierra Léone. La gestion des ressources en eau de la sous-région doit être l’un des domaines de concentration dans les 10 prochaines années. La réduction de la concurrence pour accéder à l’eau pour des fins domestiques, agricoles et industrielles est indispensable pour éviter des conflits éventuels sur ces ressources qui se trouvent particulièrement dans les zones frontalières. La nécessité d’exploiter pleinement le potentiel des ressources en eau se fait attendre depuis longtemps.

 

Promotion Commerciale et Développement Industriel  

 

Il est très reconnu que le secteur privé doit occuper le devant de la scène pour l’avènement d’une croissance et d’un développement durables. Le niveau actuel du commerce formel qui se fait entre les Etats de l’UFM est insignifiant  ou modeste et a été dans les temps récents affecté par des politiques sporadiques et contre politiques entre les Etats membres empêchant ainsi le commerce transfrontalier. Les conclusions issues du forum[11] du secteur privé sur les pays de l’UFM indiquent la nécessité pour les gouvernements de définir les lois, les politiques, les règlements et les mesures d’encouragement qui attirent les investissements ; de trouver des fonds pour le développement des secteurs ; et de domestiquer et mettre en œuvre les dispositions stipulées au titre des Protocoles de l’UFM et de la CEDEAO sur la libre circulation et les échanges commerciaux.

 

Le secteur Minier 

 

La sous-région est dotée de riches  et abondantes  ressources minières  dont les principales sont l’or, les diamants, le fer et la bauxite. Ces ressources peuvent être sources de revenus significatifs pour les gouvernements et profiter aux communautés qui les abritent en contribuant ainsi au développement durable des pays. Il est cependant dommage de constater qu’aucun des Etats membres ne peut exhiber de preuves tangibles en quoi il tire profit de l’exploitation des ressources minières. Au  contraire, ces réserves ont également contribué à créer et/ou à alimenter des guerres particulièrement dans cette sous-région. 

 

Ces réserves minières ne suivent pas les frontières politiques mais sont plutôt localisées dans les ceintures minières qui traversent les frontières[12] des pays. Des approches et des stratégies d’exploitation pour la mise en valeur de ces couloirs de ressources minières en utilisant ensemble des infrastructures, des sources d’énergie et de gestion peuvent créer des opportunités de croissance et développement équilibrés et également pour la réalisation des Objectifs du Développement du Millénaire (ODM).

 

 

Figure 5: Localisation des opportunités d’Infrastructures dans la sous-région.  

 

 

 

 

 

Energie 

 

La fourniture de l’énergie électrique sur une base durable est une exigence pour assurer le développement national et sous-régional. Concernant le Libéria, et la Sierra Léone qui sont sortis des guerres civiles dévastatrices, le manque d’énergie requise va sérieusement entraver les initiatives de reprise économique, de reconstruction et de développement. Le manque d’énergie électrique va également entraver les investissements en raison de l’augmentation des coûts d’investissements de la fourniture de l’énergie électrique. En plus des efforts fournis au niveau national, une approche sous-régionale s’avère indispensable pour résoudre ce problème.

 

Infrastructures de Transports

 

Les infrastructures de transports routiers, ferroviaires, aériens et maritimes de la sous-région sont mauvaises et posent de sérieux problèmes à l’augmentation de la production, à la libre circulation, aux affaires et aux échanges commerciaux, aux investissements, au développement socio-économique global et à l’intégration économique. S’ajoutent à celles-ci un autre problème qui est l’absence d’infrastructures de transports, et de télécommunications requises et fiables – le réseau routier dans de mauvaises conditions, l’absence des compagnies aériennes, d’infrastructures de transports ferroviaires et maritimes dignes de confiance, et un mauvais réseau de communications. C’est pourquoi, voyager dans la sous-région surtout par avion est non seulement coûteux en raison du manque de vols directs au sein et entre les Etats membres, mais prend également du temps pour les passagers. 

 

Les routes reliant les Etats membres qui pourraient servir d’itinéraires de délestage les plus fiables et peu coûteux sont déplorables et des fois impraticables pendant la saison des pluies. Même la Route Transafricaine que les Etats membres se sont engagés à construire, n’a pas été achevée. C’est à cause de la nature étendue et poreuse des frontières que les routes principales ont besoin d’être identifiées pour être construites afin de relier les Etats membres et faciliter la libre circulation, les affaires et les échanges commerciaux et d’assurer également l’amélioration de la génération de revenus. Le réseau ferroviaire est pratiquement inexistant. Ce qui existait au Libéria demande d’être réhabilité et celui de la Sierra Léone malheureusement avait été  enlevé avant l’éclatement des conflits.

 

Télécommunications

 

Pour assurer un développement, il devient impérieux de mettre sur pied un système des communications accessible et abordable au point de vue coût.  Toutefois, cette importante installation reste un luxe hors de la portée de la majorité  des citoyens. La sous-région est bilingue (l’Anglais et le Français étant les langues officielles) et en ce moment, la communication entre les citoyens de la sous-région pose problèmes même entre ceux-là mêmes qui ont fréquenté les écoles car faut-il savoir que la communication aisée facilite le dialogue sur des  questions d’intérêt commun et encourage la collaboration, l’harmonisation, les affaires et les échanges commerciaux ainsi que le maintien de la paix et de la sécurité. C’est une nécessité impérieuse pour les citoyens de la sous-région de parler ces deux langues.

 

En outre, la nécessité de parer aux menaces et aux défis posés par l’exploitation minière et artisanale a été également soulignée étant donné qu’elle change les conditions de vie des centaines de milliers d’habitants de la sous-région.

 

Objectifs

 

  1. Créer un conservatoire de sécurité alimentaire pour générer et échanger les données et les informations pour contribuer à atténuer les effets négatifs des marchés et les échecs des systèmes alimentaires afin d’assurer la sécurité alimentaire durable dans la sousrégion ;
  2. Contribuer à la protection de la biodiversité et à la restauration d’une gestion durable des écosystèmes forestiers ;
  3. Assurer la gestion efficace des ressources naturelles et minières régionales ;
  4. Améliorer les infrastructures d’encouragement des investissements et des échanges commerciaux telles que la fourniture de l’énergie électrique durable, les transports et communications au sein et entre les Etats membres.

 

Stratégie et Programmes

 

Pour relever les défis ci-dessus mentionnés et pour favoriser le développement économique et assurer de sécurité alimentaire, l’UFM appliquera les principes et les pratiques du concept de triangle de croissance tels qu’indiqués dans l’étude du triangle de croissance pour l’UFM. Par ce biais, l’UFM :

 

Cherchera à faire approuver et à mettre en œuvre la stratégie de création du conservatoire[13] de sécurité alimentaire. Pour faire face à l’insécurité alimentaire avec l’assistance de la Banque Mondiale (BM) dans le cadre du Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO) et sous la direction technique du Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricoles (CORAF/WECARD), le Secrétariat de l’UFM élaborera et mettra en œuvre le  programme de riz du Fleuve Mano.

 

Appuyer la mise en œuvre de la politique agricole de la CEDEAO pour l’accroissement de la production des biens alimentaires importants tels que le manioc. Ce programme pourra s’attaquer aux défis liés à la productivité et aux infrastructures qui ont entravé la production de ces biens alimentaires depuis des décennies.

 

En mettant l’accent sur la sécurité alimentaire, l’énergie, l’exploitation des ressources naturelles, les infrastructures etc. au titre de pilier III, la question de la gestion des ressources en eau est cruciale pour le développement de la sous-région. La priorité sera accordée à la mise œuvre du « Projet[14] de développement du Bassin du Fleuve Mano ». Le projet de mise en œuvre du bassin du Fleuve Mano aura un impact direct sur les autres projets (programme de riz, projet de protection des écosystèmes, projet d’énergie électrique etc.) de l’UFM tels que proposés dans le plan stratégique. Une attention particulière sera accordée à l’utilisation des ressources en eau pour la production de l’énergie électrique en améliorant la productivité dans le secteur agricole par l’irrigation et en créant des opportunités d’investissements dans les autres secteurs.

 

Mener des études/évaluations appropriées qui donneront des informations souhaitées pour faciliter aux gouvernements de prendre des décisions qui pourront attirer des financements afin de relever les défis rencontrés par les secteurs de la production, des échanges commerciaux et du développement industriel.

 

En ce qui concerne la gestion des richesses minières, l’accent sera mis sur l’harmonisation des lois, des politiques et du cadre réglementaire et la collecte des données géologiques appropriées. Pour faire face aux défis17  du secteur minier dans les Etats membres, l’UFM appliquera le concept de triangle de croissance/zone de croissance et concentrera ses efforts sur les trois zones minières suivantes :

 

o La zone orientale des gisements de fer et d’or située au centre de la frontière

Guinée/Libéria (Mont Nimba) ; o La zone des gisements de fer et d’or située au centre ouest de la frontière du

Libéria/Sierra Léone ; et o La zone des gisements de bauxite située au centre de la Guinée et au nord de la Sierra Léone.

 

La vision minière 2005 de l’Afrique (UA 2008) ; l’Harmonisation Régionale des Politiques Minières, les Normes, les Législations et le Cadre Réglementaire (SADC 2004) et son plan de mise en œuvre (2008) de la politique minière de l’Union Economique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMAO) (1999) et le Code (2003) et la Directive de la CEDEAO sur l’Harmonisation des Principes de base et de politiques du Secteur Minier (2009), tous offrent le cadre de la poursuite de l’approche régionale.

 

                                                                                                                                                                                           

mise en valeur des ressources en eau par le développement des infrastructures socio-économiques, le renforcement des capacités et l’implication des parties.

17 Grâce au financement de la Banque Mondiale, les Etats membres de l’UFM à travers le Secrétariat ont servi de guides pour le consultant dans ses travaux d’évaluation stratégique environnementale et sociale du secteur minier – l’évaluation Stratégique du secteur minier en Afrique de l’Ouest avec pour but d’identifier la politique régionale, les ajustements institutionnels et réglementaires requis pour l’optimisation de la contribution du secteur minier au développement durable en Afrique de l’Ouest. Cette évaluation identifie les défis liés au manque d’informations géologiques appropriées sur les gisements ; l’harmonisation obligée des lois, des politiques et des règlements, la faible capacité de gérer le secteur ; la transparence et les responsabilités financières limitées, mauvais état des infrastructures ; et peu de prestataires qualifiés de services et de biens.

Toutes les mesures nécessaires seront prises pour veiller à ce que l’Union puisse accéder au West African Power Pool (WAPP) et l’utiliser pleinement en collaboration avec la CEDEAO et engager des négociations en vue de l’utilisation du surplus énergique dans ces Etats membres[15].

 

L’assistance obtenue de la BAD par le Secrétariat de la Mano pour mener des études sur le bassin en eau de la sous-région sera poursuivie pour que les projets et programmes requis soient élaborés afin de résoudre les problèmes d’énergie électrique de manière plus durable.

 

Les principales routes qui devaient relier effectivement les Etats membres seront identifiées[16]. Des discussions seront tenues avec ces Etats pour convenir sur les réseaux routiers devant se connecter avec la Sierra Léone, ceci permettra au Secrétariat de préparer un document de programmes sur le réseau routier et d’obtenir de fonds nécessaires des donateurs en commençant par les facilités de financement de la CEDEAO. Dans le cas des transports aériens, l’initiative Air Mano qui aurait atteint son stade de finalisation pour être financée par le secteur privé avant les guerres civiles, devra être réexaminé. Le réseau ferroviaire sera examiné en tandem avec les investissements dans le secteur minier. Les transports maritimes et fluviaux demandent des études et évaluations pour déterminer les besoins.

 

Pilier IV : Développement Social

 

 Historique

 

Les infrastructures et systèmes de santé et d’éducation des Etats membres de l’Union, particulièrement le Libéria et la Sierra Léone, ont été sérieusement endommagés pendant les guerres civiles. Selon les estimations, 60 à 75 pour cent de ces infrastructures et systèmes de ces deux pays ont été laissés dans un état de délabrement, un grand nombre d’agents médicaux ont perdu leurs vies et des centaines ont cherché refuge dans/hors de la sous-région en rendant les services médicaux minimums inaccessibles ou presque impossibles à y accéder et mêmes prohibitifs en raison des coûts élevés des services et des médicaments, particulièrement dans les zones rurales. Les capacités des installations pour rendre des services médicaux souhaités laissaient à désirer. Les maladies mortelles telles que le VIH/SIDA/IST, la tuberculose et le paludisme  qui empoissonnaient la sous-région demandaient une attention urgente particulièrement le long des frontières étant donné que peu de considération était accordée à ces zones dans les budgets et plans nationaux. Une situation similaire était vécue par le secteur de l’éducation où des centaines de milliers d’enfants destinés à fréquenter les écoles étaient en dehors des classes.

 

Les conditions de services en Guinée et en Côte d’Ivoire n’ont pas été aussi difficiles qu’au Libéria et en Sierra Léone car l’accès à ces services, leurs coûts, et leur qualité restaient une dure épreuve.

 

Ainsi, la sous-région est bilingue utilisant le Français et l’Anglais comme langues officielles. Toutefois, les populations de ces pays respectifs dans leur grande majorité ne parlent que la langue officielle de leur pays. Les systèmes éducatifs dans ces pays ne mettent l’accent que sur les compétences linguistiques. Il s’ensuit que la communication est devenue un grand frein à la libre circulation des personnes, limite les échanges commerciaux, la collaboration et tout le processus de l’intégration. C’est pourquoi, les questions retenues liées à la santé, à l’éducation (particulièrement la formation en langues), à  la promotion de la paix et de la sécurité à travers la culture et les sports, les femmes et les jeunes particulièrement dans les zones frontalières seront prises en compte au titre de ce pilier en collaboration avec les Etats membres.

 

Santé et Education

 

Au niveau de la sous-région, la situation sanitaire des habitants le long des frontières est très critique et devra trouver sa solution compte tenu du mouvement massif des populations pendant les guerres dont des dizaines de milliers résident actuellement dans les zones frontalières où elles ont trouvé refuge. Ces refugiés ont compté  en tout premier lieu sur l’assistance humanitaire pour faire face aux problèmes critiques de santé  et celle des communautés hôtes se trouvant dans les zones de VIH/SIDA/IST, TB et du Paludisme qui ont menacé et continuent d’empoisonner les populations et de poser de sérieux problèmes au développement socio-économique aux niveaux national et sous-régional.

 

Lorsque l’Union avait été créée, elle avait initié et soutenu la formation des nationaux qui avaient été sélectionnés dans des institutions tertiaires avec l’objectif premier de renforcer les capacités souhaitées du secteur public des Etats membres.

 

Femmes et Enfants

 

Les normes et les traditions culturelles, les barrières/déficiences juridiques et la violence contre le genre ont des effets négatifs sur le rôle des femmes dans la société et leurs contributions positives au développement national ou sous-régional. En outre, la maltraitance et le trafic d’enfants s’accentuent avec impunité. Les disparités entre hommes et femmes basées sur le parti pris contre les femmes en particulier et les mauvais traitements des enfants sont manifestes et demandent d’être corrigées.

 

Emploi des Jeunes

 

Le taux de chômage des jeunes au niveau de la sous-région se situe entre 60 à 80 pour cent. Pour une région qui a vécu la guerre civile pendant plus d’une décennie et demie, cette situation présente un danger pour la survie de la paix et de la sécurité. La guerre a attiré une génération de jeunes gens dont les perspectives d’avenir restent compromises. Ces jeunes n’ont pas reçu de formation et n’ont aucun savoir-faire commercialisable. Ne pas faire face à leurs besoins aura des effets négatifs sur la paix fragile qui prévaut actuellement dans la région. Pour leur faire oublier l’esprit de guerres et faire d’eux des citoyens utiles demandent que l’on élabore et mette en œuvre des projets et programmes pouvant leur offrir un savoir-faire qui leur permettra d’obtenir de l’emploi ou d’exercer des activités indépendantes. 

 

Objectifs

 

  1. Aider la sous-région à atteindre l’objectif six des Objectifs du Développement du Millénaire (ODM) – arrêter et commencer le renversement de la tendance de la VIH/SIDA/ et s’attaquer aux questions liées au paludisme, à la tuberculose et à la fièvre de Lassa ;
  2. Aider les Etats membres à mettre en place des structures et des systèmes requis qui vont faciliter et promouvoir la communication dans les langues officielles (l’Anglais et le Français) au niveau des populations dans la sous-région ; et
  3. S’attaquer aux problèmes des populations vulnérables (les femmes, les enfants et les jeunes) et l’implication des jeunes dans les activités de production en mettant un accent particulier sur le cas des femmes.

 

Stratégie et Programmes 

 

Pour contribuer à la réalisation du développement social, l’accent de cette stratégie sera mis sur la revue des politiques, les stratégies et les lois sur la santé, l’éducation, les femmes et les enfants ainsi que l’emploi des jeunes des Etats membres. Ces instruments seront passés en revue pour que ces secteurs renforcent la coopération et la collaboration entre les Etats membres de l’UFM dans le cadre de l’harmonisation des normes pour veiller à ce que les capacités disponibles et les normes au sein et entre les Etats membres soient uniformes.

 

Pour des interventions spécifiques, l’accent sera mis sur les régions et les zones frontalières couvrant deux ou plus de deux Etats membres de l’UFM.

 

Un projet pilote de santé exécuté au niveau de la région frontalière sur la réduction de la propagation du VIH/SIDA sera élargi après obtention de fonds, aux autres régions cibles. 

 

Une attention particulière sera accordée à la formation[17] dans les langues pour une communication plus facile entre les citoyens de la sous-région. Il sera procédé à une évaluation complète pour déterminer la nature et la portée de ces interventions.

 

Aux domaines de la santé, de l’éducation et de la couverture géographique seront ajoutées les zones de croissance identifiées et toutes autres zones frontalières. La cible ici ne sera pas des localisations spécifiques au sein d’un pays pour éviter un double emploi des efforts nationaux, pour aborder les problèmes de santé et d’éducation.

 

Les jeunes seront pris en compte par la poursuite de la mise en œuvre du programme d’emplois des jeunes qui a été suspendu en 2009 à cause des restrictions des fonds. L’accent sera mis sur l’emploi des jeunes vivant dans les zones frontalières avec les groupes cibles suivants :

 

  • Les jeunes des zones rurales et urbaines pauvres, marginalisés ;
  • Les jeunes qui aimeraient commencer les affaires ou devenir des employés ou améliorer les activités productives communautaires ;
  • Les jeunes qui on déjà fructifier leurs affaires et souhaiteraient les promouvoir d’avantage.

 

Le Secrétariat, en collaboration avec les Etats membres, va évaluer et analyser la situation des femmes et des enfants dans le cadre des Résolutions 1825 et 1820 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies en mettant un accent particulier sur les questions de violence contre les femmes, le mauvais traitement et le trafic des enfants dans les zones frontalières en vue d’élaborer des projets/programmes destinés à résoudre ces problèmes au niveau de la sous-région.

 

SECTION 4 : MISE EN ŒUVRE, SUIVI ET EVALUATION

 

4.1. Dispositions de mise en œuvre 

 

Le plan sera mis en œuvre en deux phases et façon simultanée – l’élaboration des projets/programmes ; la mise en œuvre ; et le suivi et l’évaluation.

 

  1. Elaboration des projets/programmes : Identifier en premier lieu des partenaires/acteurs ayant les compétences nécessaires et/ou engagés dans des activités liées aux domaines ou secteurs de concentration. Les donateurs potentiels seront également identifiés. Ces mesures visent à déterminer les domaines critiques d’action et les questions connexes devant être abordées comme une partie de processus d’élaboration. Des consultations seront menées à tous les niveaux, du stade de la conception à celui de la finalisation et de l’approbation des projets/programmes élaborés pour veiller à ce que les objectifs, les activités, les bénéficiaires, les rôles et les responsabilités soient bien définis ainsi que le support financier pour faciliter la mise en œuvre heureuse des programmes.

 

Prenant note du fait que plusieurs études et évaluations sont documentées et sont déjà disponibles sur la plupart des domaines d’intervention et que la CEDEAO, l’UA, les institutions multilatérales et le système des Nations-Unies sont des principales sources d’informations et de directives, le Secrétariat encouragera ces études et engagera ces institutions et organisations pour poursuivre l’œuvre d’élaboration et de mise en œuvre de ces projets et programmes.

 

En outre, le concept de triangle de croissance qui a été une réussite en Asie du Sud Est et en Afrique Australe sera appliqué sans compter que des extraits de la documentation sur l’utilisation potentielle de cette approche de la sous-région sont actuellement disponibles.

 

 

  1. Mise en œuvre des projets/programmes : Chaque projet/programme aura une stratégie clairement définie, des dispositions de mise en œuvre ainsi que la définition claire des rôles et des responsabilités. Certains programmes seront exécutés par le Secrétariat et par les Etats membres et d’autres par les Commissions Conjoints des Etats membres et les ONGs.

 

Les Etats membres ont déjà des projets et des programmes en cours d’exécution dans leurs programmes de développement portant sur certaines des questions soulevées dans ce document. En collaboration avec les gouvernements, le Secrétariat mettra sur pied une plateforme/un cadre souhaités pour la mobilisation des ressources dans le cadre de la réalisation heureuse des objectifs visés.

 

4.3. Principes Directeurs de Mise en œuvre du Plan d’Action Stratégique

 

La mise en œuvre heureuse du plan d’action stratégique dépend du respect des principes directeurs suivants :

 

Application du concept de triangle de croissance/zone de croissance : Ce concept sera un guide pour l’élaboration et la mise en œuvre des programmes de l’UFM par le Secrétariat pendant la vie de ce plan stratégique. Il est très probable que ces programmes couvrent deux ou plus de deux pays de l’UFM.

 

L’engagement politique et le respect des principes de bonne gouvernance : L’engagement des gouvernements pertinents de l’UFM manifesté par le soutien moral et financier au Secrétariat sera fondamental pour la mise en œuvre du plan d’action stratégique.

 

Le Genre : L’UFM doit grandement contribuer à la création des opportunités et à l’établissement de l’égalité entre les hommes et les  femmes et considérer cet acte comme un des principes directeurs de base dans la formation et la mise en œuvre de tous ses projets et programmes. Le Secrétariat veillera à ce que les questions sur le genre soient intégrées dans tous ses projets et programmes.

 

Le Secteur Privé : La création d’un environnement favorable pour la participation du secteur privé à la mise en œuvre du plan d’action stratégique est indispensable pour son succès. La mise sur pied d’un secteur privé fort et dynamique sera une condition préalable à la mise à œuvre des programmes dans les zones de croissance et au développement national et sousrégional.

 

La durabilité Environnementale : Comme dans le cas du genre, les principes de la durabilité environnementale seront intégrés dans tous les projets et programmes de l’UFM. Les instruments de l’évaluation de l’impact environnemental et social (EISE) seront utilisés pour éviter les effets négatifs de l’environnement sur les projets/programmes de l’Union.

 

Les Partenariat et Collaborations : Les défis du développement de la sous-région sont contraignants. Pour y faire face, il faudra adopter des approches multidimensionnelles et multidisciplinaires. Cerner les contraintes d’ordre technique/humain, institutionnel, logistique et financier s’impose et toute solution efficace à ces problèmes requiert par conséquent la création des partenariats solides pour assurer la participation et le soutien financiers souhaités à tous les niveaux. Le Secrétariat veillera à l’établissement de ces partenariats dans le cadre de chaque programme et ce, de la base aux niveaux national et international pour la réalisation des objectifs visés. Le plan stratégique servira de base pour l’identification des principaux partenaires dont certains sont déjà chargés d’exécuter des projets/programmes dans les domaines de concentration du plan. Les partenariats actuels avec les partenaires au développement tels que le système des Nations-Unies, la CEDEAO, l’UA, la BAD, la BM et les ONG, les gouvernements bilatéraux et les partenaires multilatéraux seront renforcés et utilisés efficacement pour obtenir l’appui supplémentaire des autres partenaires et bailleurs de fonds. Il sera nécessaire de définir clairement les rôles et les responsabilités de chacun des partenaires et mécanismes établis pour assurer la coordination de la mise en œuvre des responsabilités pour amener les partenariats à atteindre les buts.

 

4.4. Suivi et Evaluation

 

 L’objectif principal du suivi et de l’évaluation est d’assurer la réalisation satisfaisante des objectifs des projets et programmes. Il facilite également la prise de décision de manière continue selon l’évaluation des conditions. Un Responsable de Programmes, assisté d’un autre membre de personnel de programmes au Secrétariat sera le chef et assurera la direction technique du suivi et de l’évaluation. Le Conseil des Ministres de l’Union est chargé de la politique générale avec l’assistance technique des Commissions Techniques et du Comité Technique. Les Unités de gestion des projets/programmes serviront de sources d’informations pour la conduite des travaux de suivi et d’évaluation.

 

Pour assurer la réussite de cette tâche, il sera nécessaire de créer une base d’informations fiables portant sur tous les aspects d’interventions de l’Union. Tous les projets et programmes qui ont été élaborés auront des objectifs, des activités, des contributions et des rendements clairement définis, assortis de résultats, d’indicateurs, de rôles et de responsabilités des acteurs/partenaires bien définis et des délais de réalisation spécifiés.

 

Un plan de travail sera élaboré par le Responsable des Programmes sur la base d’un plan annuel de programme de travail dans le cadre de la conduite des travaux de suivi et d’évaluation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SECTION 5 : CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS  

 

5.1. Conclusion 

 

Ce plan stratégique offre le cadre à travers lequel l’UFM par l’intermédiaire de son Secrétariat travaillera avec les différents Etats membres pour réaliser sa vision d’assurer la création d’une sous-région paisible, stable et prospère. 

 

Ce Plan Stratégique aidera également à faire du Secrétariat de l’UFM une agence d’exécution de la CEDEAO au sein des autres organisations régionales ayant des mandats similaires pour démontrer son importance et sa valeur dans le développement et dans l’intégration aux niveaux sous-régional et régional.

 

Le plan offre un cadre par lequel l’UFM montrera la valeur ajoutée pour ce qui concerne l’intégration régionale et sous-régionale. Il offrira un objectif opérationnel à l’Union qui est complémentaire aux autres organisations régionales, particulièrement la CEDEAO.

 

Le document offre un cadre et une direction stratégiques à l’Union, en mettant l’accent sur les principaux piliers et objectifs qui seront suivis dans les 10 prochaines années (2010 – 2020)

 

5.1.2. L’Union du Fleuve Mano dans 10 ans

 

Après la mise en œuvre heureuse du plan d’action stratégique de 10 ans, l’UFM aura 4 cas de zones de croissance couronnés de succès. La sous-région jouira de la sécurité alimentaire et d’une économie sous-régionale intégrée et des frontières sécurisées dans tous les quatre Etats membres, des ressources forestières bien gérées, des ressources naturelles exploitées dans l’intérêt des populations des zones frontalières en particulier et des populations de la sousrégion en général.

 

La mise en œuvre de ce plan conduira également à la mise sur pied d’une UFM ayant des procédures administratives simplifiées et à la réduction des barrières à la circulation des biens et des services au niveau des frontières, à la gestion de la sécurité frontalière conjointe et à la réduction du trafic de la drogue, de  l’homme et des armes légères.

 

En trouvant des solutions aux problèmes clefs et pressants au sein des zones de croissance, l’UFM aura contribué de manière significative à la réduction de la pauvreté, à l’accroissement des échanges commerciaux et à l’intégration économique et au maintien de paix et de la sécurité au sein de la sous-région. Les réseaux de transport auront été également créés au sein des zones de croissance pour faciliter la libre circulation des biens et services et la libre circulation des personnes entre les Etats membres de l’UFM.

 

Ce qui est plus important est qu’à la fin des 10 ans, l’UFM aura obtenu un Secrétariat fort, effectif et efficace capable de faire face aux questions d’intégration sous-régionale et de maintenir la paix et la sécurité et avec un mandat et rôle clairs démontrant ainsi sa valeur ajoutée.

 

5.2. Recommandations

 

Après l’approbation de ce plan stratégique, une évaluation complète des capacités du Secrétariat de l’UFM sera effectuée à deux niveaux :

 

Au niveau organisationnel  

 

Mettre l’accent sur les structures, les politiques et les procédures internes qui déterminent l’efficacité de l’organisation ;

 

Au niveau individuel

 

Les compétences, l’expérience et les connaissances sont les critères qui permettront à chacun de réaliser de bons résultats. Ces critères du personnel actuel au point de vue de capacité de mettre en œuvre cette stratégie, seront évalués et une analyse sera faite de la manière d’identifier les lacunes à combler et à résoudre.

ANNEXES

Annexe I: Indicateurs socio-économiques des Etats de l’UFM

Paramètres Coopératifs                                   Indicateurs des pays

Côte d’Ivoire    Guinée              Liberia

Sierra Leone
Population (2010)  21.6 m 10.3 m 4.1 m 5.8 m
Taux de croissance annuel moyen de la population (2010

– 2015)

2.3% 2.7% 2.3% 2.6%
% de la population vivant au dessus de $ 1,25 US par jour 23.3% 70.1% 83.7% 53.4%
  ECONOMIQUE    
PIB (en Milliards US$, 2008) 23.4 3.8 0.8 2.0
PIB/tête      d’habitants     (US$,

2008)

1,137 386 222 352
% annuel Croissance PIB 

(20095)

3.6 -0.3 4.6 4.0
Investissements directs 1.7 10.1 17.1 -0.2
           

 

Paramètres Coopératifs                                   Indicateurs des pays

Côte d’Ivoire    Guinée              Liberia

Sierra Leone
étrangers, entrées nettes   (%

PIB, 2008) 

   
Importation des biens et services (%  PIB)              42                      30                       66 43
Exportation des biens et services  (% PIB)             50                      26                       31 24
  EDUCATION  
% du taux d’alphabétisation des adultes âgés de 15 ans et plus femmes/hommes  38.6/60.8           18.1/42.6           50.9/60.2 26.8/50
% du taux d’alphabétisation des adultes âgés de 15ans et plus (2005-20081) 54.6 70.5                                 58.1 39.8
 
Inscription brute dans le primaire, secondaire et

tertiaire  2001-20091)

74.5/26.3/8.4    89.9/35.8/9.2    90.6/31.6/17.4 157.7/34.6/2.0
 Dépenses publiques sur l’éducation (% PIB)   (2000-

20071)

            4.6                     1.7                      2.7 3.8
Productions scientifiques et technologiques des

journaux/articles (’99) 

                                        2                         1 3
% de l’inscription des étudiants tertiaires dans les matières scientifique et technologique                                         34                           8
  SANTE  
  Espérance     de     vie     à     la           58.4                   58.9                    59.1 48.2

 

Paramètres Coopératifs                                   Indicateurs des pays  
  Côte d’Ivoire Guinée Liberia Sierra Leone
naissance  (2010)         
Mortalité du dessous de 5 par

100 naissances viables  (2008)

114 146 145 194
Pourcentage des naissances reçues par le personnel

qualifié de Santé (2000-20081)

57 38 46 42
Mortalité maternelle par 100.000 naissances viables

(2003-20081)

810 910 9943 1200
Taux de prévalence VIH/SIDA

(adultes 2007)

3.9 1.6 1.7 1.7
Dépenses publiques sur la santé en pourcentage PIB

(2000-20071)

1.0 0.6 2.8 1.4
ENVIRONNEMENT  (EAU ET HYGIENE)  
Population n’ayant pas accès à l’eau portable  (% en 2008) 20 29 32 51
  Population n’ayant pas accès à l’hygiène (% in 2008) 77 81 83 87
  TELECOMMUNICATIONS    
Abonnés au téléphone fixe et mobile par 100 personnes

(2008)   (2008)

52 39 19 19
Utilisateurs de l’internet par

100 personnes (2008)

3.2 0.9 0.5 0.3
Population couverte par le réseau mobile   (% en 2008) 59 80 .. 70
Paramètres Coopératifs                                               Indicateurs des pays  
                                                                           Côte d’Ivoire    Guinée              Liberia Sierra Leone
INFRASTRUCTURES  
Consommation               énergie            224

électrique par tête d’habitants en kwh (2004) 

87   24
Population sans électricité (% 50.5 en 2008)
RESPONSABILISATION DES FEMMES   
L’année à laquelle les femmes ont eu le droit de vote et de se présenter aux élections      1952                  1958                   1946 1961
Les femmes au parlement (% en 2008)          9                       …4                      13.8 13.2
Taux de participation de la main           d’œuvre

femmes/hommes (2010)

51.3/82.4            82.3/90             69.1/76.8 67.1/68.1
                   

 

Sources :

 1 PNUD HDR 2010 : Données se référant à l’année la plus récente disponible durant la période spécifiée.

2 Rapport de la CNUCED sur les pays sous-développés – 2007 et 2010. 3 Le rapport sur l’avancement des Objectifs du Développement du Millénaire – 2010, Sierra Léone. 4 Le Parlement a été dissout après  le coup de 2008.

5

Les données de 2009 obtenues des Indicateurs du Développement Mondial de la Banque Mondiale.

 

   

 

  

 

 

 

 

Annexe II : Une carte de la sous-région indiquant le triangle de croissance proposé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1] Les “zones de croissance/triangle de croissance » ou zones économiques sous-régionales sont des associations moins formelles de deux et plusieurs nations communément appelées sous-régions (sous-préfectures, préfectures et régions) des nations avec l’objectif de promouvoir la coopération économique régionale. Leur but principal est de donner une valeur compétitive aux produits d’exportation. Ceci est réalisé comme à son habitude par une combinaison d’interventions de politiques du secteur public et des investissements du secteur privé « Favorables au marché » avec objectif de capitaliser sur les complémentarités économiques existantes et latentes et de construire un avantage comparatif pour la zone et de promouvoir les avantages compétitifs des entreprises se trouvant dans cette zone. En d’autres mots, ce sont des mécanismes « flexibles » qui peuvent être effectivement utilisés pour promouvoir le développement. Ce qui est particulièrement significatif, c’est la relation « centre-

[2] Le rôle de la CEDEAO dans la promotion de l’intégration économique en Afrique de l’Ouest est déjà significatif et occupe une position avantageuse. C’est pourquoi, l’UFM soutient les activités de la CEDEAO en servant d’agence d’exécution dans la sous-région.

[3] La paix et la sécurité et la mise en œuvre de l’approche de triangle de croissance/zone de croissance ont été clairement expliquées dans ce plan. L’UFM servant d’agence d’exécution de la CEDEAO a besoin d’une réflexion et d’une élaboration plus approfondie de ce plan pendant la revue  de trois ans. La stratégie proposée doit présenter l’image claire des responsabilités vis-à-vis de la CEDEAO et montrer les complémentarités. Si l’UFM doit  agir comme agence d’exécution de la CEDEAO, alors, elle devra axer ses efforts sur le renforcement de ses capacités pour le faire.

[4] Bien que dans les années passées le fardeau de dette ait été allégé en raison de la participation des Etats membres à l’initiative des pays  pauvres très endettés (PPTE). 

[5] Voir annexe 1 pour une présentation plus détaillé e des indicateurs socio-économique des Etats de l’UFM.

[6] Le gouvernement du Libéria avec l’assistance du PNUD a fait une étude préliminaire sur la possibilité d’adoption du concept de triangle de croissance/zone de croissance de l’UFM. Cette étude a identifié les quatre domaines de croissances mentionnés. Les conclusions de l’étude ont été discutées en profondeur lors d’une réunion de revue de plan d’action stratégique de l’UFM organisée en novembre 2010 à la suite de laquelle une décision a été prise à savoir l’intégration des conclusions de l’étude dans le plan stratégique de l’UFM. L’étude sur les zones de croissance examine chacun des zones de croissance proposées pour une complémentarité économique, la capacité pour un commerce et des investissements interrégionaux. Elle a évalué les opportunités et les défis de chaque zone de croissance, et a donné des exemples de cas de zones de croissance réussis en Asie et en Afrique avec la conclusion que les zones proposées ont un rôle à jouer dans la promotion de l’intégration économique sousrégionale et dans le maintien de la paix et de la sécurité. 

[7] Les régions frontalières  des Etats membres de l’UFM souffrent de manière proportionnée du manque de développement. Ces pays sont exposés et vulnérables aux activités illicites et au non respect des lois (étude de croissance de l’UFM).

[8] Voir Wadley et Parasati (2000) à l’intérieur  des triangles de croissance de l’Asie du Sud-est, de la géographie. Vol

[9] Les Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UFM ont identifié les 4 domaines d’intérêt pour le Secrétariat de l’UFM en mai 2008 lors d’une Réunion au Sommet tenu à Monrovia, Libéria et plus tard lors du Mini Sommet tenu le 10 décembre 2008 à Freetown, Sierra Léone.

[10] La Stratégie a été développée par les Ministres de l’Agriculture sur la demande des Chefs d’Etat de l’Union en 2008.

[11] Un forum de trois jours sur les affaires à été organisés à Yamoussokoro, Côte d’Ivoire en octobre 2009. Ce forum a donné la plateforme d’identification des secteurs et des domaines pouvant attirer des investissements et promouvoir les échanges commerciaux. Les domaines identifiés par le forum portant sur l’infrastructure (le réseau ferroviaire, les routes, les transports aériens et maritimes),  l’agriculture avec accent sur la sécurité alimentaire, le secteur des mines, la pêche, l’énergie et le tourisme.  

[12] Voir figure ci-dessous portant sur les ressources minières des Etats membres de l’UFM. Cette figure est obtenue de l’étude faite en 2010 par la Banque Mondiale sur l’évaluation stratégique du secteur minier en Afrique de l’Ouest (ESSMAO)

[13] Une stratégie pour la création d’un conservatoire de sécurité alimentaire a été élaborée avec l’assistance de la FAO

[14] Une note conceptuelle du projet à été élaborée et les priorités sectorielles de ce projet comprennent l’amélioration du cadre de gestion du bassin, la préservation de l’environnement et des écosystèmes du bassin, la

[15] La possibilité existe pour le Sud-Est du Libéria de bénéficier de l’énergie électrique excédentaire de la Côte d’Ivoire en engageant un dialogue constructif qui permettrait au Libéria de se connecter sur le réseau de 225 Kva. Cet accès va alors attirer des investissements et accélérer le développement socioéconomique du sud-est du Libéria qui a des potentialités énormes d’investissements. Cette zone est l’une des zones identifiées comme zone de croissance/triangle de croissance. 

[16] La Sierra Léone a identifié les importantes routes pouvant effectivement relier la Guinée et le Libéria. En outre, celles reliant effectivement le Libéria, la Guinée et la Côte d’Ivoire seront identifiées et approuvées.

[17] Collaboration nécessaire dans le domaine des écoles bilingues (Français/Anglais) su niveau des frontières avec l’assistance de l’UNICEF.

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